Dix-huit mois ont passé depuis la mort simulée de Jack Bauer (Kiefer
Sutherland), à la fin de la "Saison
4". Il mène une vie tranquille auprès de Diane Huxley (Connie
Britton) et de son fils Derek (Brady Corbet). Un jour, il reçoit un
appel téléphonique de Chloe O'Brian (Mary Lynn Rajskub), son ex-
collaboratrice à la cellule anti-terroriste. Elle lui apprend que David
Palmer (Dennis Haysbert), l'ancien Président, vient d'être assassiné,
ainsi que Michelle Dessler (Reiko Aylesworth). Quant à Tony Almeida
(Carlos Bernard), il est grièvement blessé. Pendant ce temps, le
Président des Etats-Unis, Charles Logan (Gregory Itzin), s'apprête à
signer un accord sur la lutte anti-terroriste avec son homologue Russe,
Suvarov (Nick Jameson)...
Après quatre saisons plus haletantes les unes que les autres, il était
légitime de se demander si une cinquième parviendrait à conserver les
qualités tensionnelles développées jusqu'alors. Eh bien, il faut se
rendre à l'évidence : non seulement une quelconque faiblesse n'est pas
au rendez-vous, mais encore cette série réussit à placer la barre
encore plus haut, comme si, loin de voir leur capital imaginatif épuisé
par les aventures précédentes, les créateurs venaient de découvrir une
mine nouvelle de diamants bruts dont les richesses quasi illimitées ne
demandent qu'à être exploitées !
La recette est certes toujours la même : dilemmes cornéliens,
rebondissements plus stupéfiants les uns que les autres, désobéissance
aux ordres de la hiérarchie, violation des protocoles opérationnels
pour la "bonne" cause, traîtres ou taupes infiltrés... Nous sommes en
pays archi connu. Mais la force de conviction des scénaristes, et
l'aplomb avec lequel ils assènent une suite ininterrompue d'événements
hyper-anxiogènes, sont tels que le miracle se produit.
L'invraisemblance générale cède le pas devant l'intelligence et
l'efficacité dramatique des situations, tandis que se déroule une
dissection à vif, sans concessions, de la manipulation politicienne
d'une certaine hiérarchie américaine prête à tous les crimes pour
justifier sa main mise sur le monde et ses richesses, au nom d'un
patriotisme dévoyé. L'improbable, le démesuré, le sensationnel prennent
non seulement une forme acceptable, mais, plus encore, ils donnent
naissance à une construction aussi captivante que
traumatisante.
Dans le genre, concevoir une série conjuguant efficacité dramatique
plus intense, introspection psychologique plus excitante, et résonances
géo-politiques plus fascinantes, semble "mission impossible".
Génialissime !