Malgré la mise en garde
d'un laborantin, un petit groupe libère des singes auxquels ont été
inoculés un virus dont on ne connaît aucune antidote. Vingt-huit jours
plus tard, à Londres, Jim (Cillian Murphy), accidenté de la route, se
réveille. Tout est désert aussi bien dans l'hôpital que dans la ville.
Après avoir été agressé par deux ou trois individus, il est sauvé par
deux survivants de l'épidémie : Selena (Naomie Harris) et Mark (Noah
Huntley). Mais tous trois doivent faire face à une horde de contaminés
particulièrement voraces et agressifs...
Dans "Petits meurtres entre amis", Danny
Boyle montrait déjà un goût particulier pour le morbide. Mais cela se
faisant dans un humour noir assez jouissif. Ici, rien de semblable. Dès
les premières images, scènes télévisées d'émeutes et de paniques, le
spectateur est plongé dans le sombre qui vire bientôt au gore et au
sordide. Ça grogne, ça hurle, ça
éructe, ça bondit dans tous les sens. Les malheureuses victimes, que
l'on a du mal à distinguer (heureusement ?), semblent jaillir d'un
improbable mixage de cartoon et de jeu vidéo speedé. Entre les scènes
de boucherie survitaminées, dans lesquelles la caméra semble agitée, à
l'image des contaminés, de soubresauts éprouvants, en revanche, c'est
le calme plat. Ce sont d'ailleurs ces scènes muettes, la vision
fantômatique d'un Londres désert, les sillons d'une autoroute vide de
voitures se perdant à l'infini, qui constituent le principal intérêt et
le seul charme de cette oeuvre passablement hideuse.
Le réalisateur a-t-il
juste voulu montrer qu'il était capable de livrer un film d'horreur à
la mise en scène originale ? En cela, il a réussi. On n'en finirait pas
de dénombrer les visions inventives et les images penchées pour
lesquelles il semble avoir un goût prononcé. Mais tout cela ressemble
fort à un habillage esbroufeur, tant le contenu, primaire et gratuit au
possible, ne semble justifié par aucun message. A moins que ce ne soit,
peut-être : "l'homme est un loup pour l'homme". Ce qu'on sait déjà et
que l'on constate, malheureusement, tous les jours.
Dommage pour les deux
principaux protagonistes, excellents, de s'embourber dans cette chose
souvent usante, écoeurante et, à plusieurs reprises, aux limites de
l'ignoble.
Bernard
Sellier