La
Chine est sous la cruelle domination mandchoue. San Te (Chia Hui Liu),
fils du poissonnier du village, désire combattre les envahisseurs, mais
il n'a reçu aucune formation guerrière. Ayant entendu parler du
Monastère de Shaolin, où sont formés les meilleurs pratiquants du
kung-fu, il décide de s'y rendre. Blessé, il est accueilli et soigné
par les moines qui acceptent de le garder et de lui enseigner l'art
martial. Mais la pratique est loin d'être une sinécure...
Les vingt premières minutes du film font craindre le pire. Nous
retrouvons, sans grand enthousiasme, avouons-le, les scènes répétitives
de combats acrobatiques et, surtout, le côté infantile tant des
personnages que des dialogues ou des situations. D'autant plus que le
"look" poupin du héros (qui ressemble beaucoup à un Yul Brynner jeune
!), est bien loin de posséder le charisme ou l'énergie bouillonnante
d'un Bruce Lee ou même d'un Jet Li. Par bonheur, l'arrivée de San Te
dans l'enceinte du monastère change quelque peu la donne. Tout en
conservant humour, légèreté et bonhomie, le scénario se concentre sur
le parcours initiatique du jeune homme, contraint de parcourir les 35
chambres de la discipline, afin de développer le corps, les sens, et,
surtout, l'esprit. Les péripéties sont ludiques, divertissantes,
gentiment éducatrices, et savent se hisser au-dessus de la primarité
que l'ouverture de l'histoire annonçait. Le dénouement, un peu bâclé,
permet tout de même d'assister à quelques affrontements de bonne
tenue.