Alana
(Karina Lombard), la compagne de Tom Baldwin (Joel Gretsch) a disparu.
Toutes les recherches pour tenter de la retoruver restent vaines...
jusqu'à ce qu'un jour Tom découvre un tableau de la fin du dix-neuvième
siècle, représentant la jeune femme. Diana Skouris (Jacqueline
McKenzie) vit à San Sebastian, en compagnie de son ami Ben Saunders
(Brennan Elliott) et de la petite Maia (Conchita Campbell). Meghan
Doyle (Jenny Baird) prend la direction du NTAC. Shawn Farrell (Patrick
Flueger) sort du coma grâce à une injection de promicine que lui
administre son cousin Kyle Baldwin (Chad Faust). Quant à Jordan Collier
(Bill Campbell), il décide de donner à tous ceux qui souhaitent
l'expérimenter, la drogue qu'il a réussi à dérober au gouvernement. Il
se met ainsi hors la loi. Enfin, Isabelle Tyler (Megalyn Echikunwoke)
semble avoir définitivement perdu tous ses pouvoirs...
Voilà donc le dernier volet de cette aventure qui voit, une
fois
de plus, les forces de l'ombre et de la lumière s'affronter pour la
domination de la terre et de ses habitants. Le problème est que la
distinction entre les deux extrêmes se révèle particulièrement
difficile, et les créateurs ont eu l'excellente idée de bannir de leur
intrigue tout manichéisme, en confrontant des théories et des
personnalités qui oscillent en permanence du blanc au noir,
dans
la quête impossible d'une vérité protéiforme.
Le commencement de la saison laisse cependant pour le moins
perplexe. Une
avalanche de nouvelles individualités fait son apparition ( Graham
Holt, Audrey Parker, Cassie Dunleavy, Vanessa Martin, le petit
Brandon...), tandis que les piliers de l'histoire (Richard Tyler, Shawn
Farrell, Jordan Collier, Kevin Burkhoff, Isabelle Tyler, Diana
Skouris...) semblent se volatiliser dans les oubliettes du scénario. A
la tête du NTAC est parachutée une charmante blondinette qui semble
tout droit sortie d'une sitcom romantico-sirupeuse... Quant à la petite
Maia, dont il était légitime d'attendre beaucoup, elle continue à se
contenter de faire de la figuration ponctuelle. Cette conjonction de
choix
étranges fait que le spectateur a l'impression que la tension
dramatique qui, à la fin de la saison
précédente,
annonçait un démarrage foudroyant pour la suite, a baissé de plusieurs
crans, laissant émerger un éparpillement des péripéties que l'on
croyait définitivement éteint, ainsi que des résolutions d'énigmes un
tantinet bâclées. D'où la fâcheuse sensation que les concepteurs ont
éprouvé quelques difficultés à maintenir un crescendo de puissance
jusqu'à "l'apocalypse" ( au sens propre du terme : révélation )
finale.
Et puis, progressivement, les scénaristes paraissent reprendre
en main les rênes de l'attelage. Les personnages clés réapparaissent, se retrouvent,
s'affrontent, les enjeux s'éclaircissent tout en s'élevant à un niveau quasiment
mystique. Le fait qu'un certain pourcentage d'êtres humains possède de
nouveaux pouvoirs et surtout un niveau de conscience différent peut-il
suffire à provoquer un changement des conditions de vie sur terre ?
Nous sommes là bien proches des théories théosophiques
qui prévoyaient il y a plus d'un siècle l'apparition prochaine d'une
sixième sous-race. Et il est impossible de nier qu'il serait grand
temps qu'un bouleversement universel se produise, afin de faire
disparaître définitivement le pouvoir mortifère des multinationales
pourvoyeuses d'armes, de pesticides ou de poisons en tous genres ! Cela
constaté, la série pose également de bonnes questions : le fait de
développer des capacités est-il un bienfait ou un fléau ? La
coexistence d'êtres inégaux sur le plan de la puissance est-elle
possible ? Quelles sont les frontières entre loyauté extérieure et droiture
intérieure ? Le bonheur potentiel de millions de personnes peut-il
justifier la disparition de milliers d'autres ? Les réponses
ne sont pas toujours aussi évidentes qu'il semblerait au premier
abord. ..
Quant à ce dénouement, tant attendu,
qu'en dire ? Affirmer qu'il se révèle satisfaisant à 100% serait
exagéré. Il était possible d'espérer une conclusion s'élevant à un niveau planétaire, plus "universelle"
que celle qui nous est proposée. Mais
sans doute était-ce trop demander, ne serait-ce que pour de simples questions
de budget. Nous devons donc nous contenter de règlements de compte
individuels, certes amenés avec un talent indéniable, mais qui peuvent
paraître quelque peu restrictifs comparés aux enjeux abordés.
Une saga globalement captivante, intelligemment construite,
gorgée d'originalité maîtrisée, servie par des interprètes totalement
intégrés à leurs personnages ( un grand coup de chapeau aux
responsables du casting ! ), à laquelle manque peut-être, simplement, un
grain supplémentaire de folie créatrice et d'ambition cosmique.