France "Franssou" Dumanoir (Isabelle Carré) mène une vie
monotone à Paris, en compagnie de Marc (Michel Vuillermoz),
spécialiste en pessimisme. Elle apprend un jour que son arrière
grand-tante, Mlle Poilloux (Renée Le Calm), lui lègue sa fortune,
quarante mille euros. Sur un coup de tête, elle part à Cannes,
descend au Carlton, et fait inopinément la connaissance de Stephane
Lachesnaye (José Garcia), qui partage son temps entre prétendues
réservations pour Elton John et vente d'une propriété à un coureur
automobile, René (François Cluzet)...
L'histoire tient à la fois du vaudeville romantique (de bon goût),
du conte, façon "Cendrillon", et, accessoirement, de la comédie d'arnaque.
Si le premier est mené avec un charme indéniable (sans atteindre
celui des comédies hollywoodiennes de la grande époque de Cary
Grant), une vitalité
communicative, si le second procure au rêve une couleur assez acide,
le troisième laisse à désirer, ne formant qu'un écrin prétexte,
qui est loin d'avoir la consistance de celui qui enveloppe l'aventure
contée dans "Les Associés", par
exemple. Ce déséquilibre provoque, à mi-parcours, une baisse de
régime, et donne l'impression que le scénario patine, tire en
longueur, ne parvient pas à faire éclore les promesses que le début
annonçait, à développer les ramifications naissantes. Cela
n'empêche pas de prendre un plaisir certain aux relations de ce duo
(ponctuellement trio), en grande partie grâce aux qualités de trois
acteurs en pleine forme. Isabelle Carré, improbable pot de colle
craquant, intensément inflammable, qui illumine décidément chacune
des scènes qu'elle habite ; José Garcia, qui entre sans peine dans
le rôle d'escroc à la petite semaine, lâche, goujat, survolté ; et
François Cluzet, incapable d'aligner trois mots à la suite, dans un
personnage de Schumacher du pauvre, dont les branchements de neurones
ont été effectués à la va vite, mais seul personnage réellement
sympathique de l'ensemble ! La crédibilité n'est pas
toujours au rendez-vous, assurément, mais ce n'est guère ce que l'on
attend d'une fantaisie. C'est vraiment dommage que le soufflé ne
parvienne pas à gonfler jusqu'à l'apothéose, d'autant plus que le
dénouement, très faiblard, n'arrange rien !