La
famille Fisher, propriétaire d'une entreprise de pompes funèbres,
s'apprête à fêter Noël. Malheureusement, le père de famille se tue au
volant de sa nouvelle limousine mortuaire. C'est un ruce choc pour son
épouse, Ruth (Frances Conroy), mais aussi pour ses trois enfants.
D'autant plus que leurs vies intimes ne sont pas des plus équilibrées
ou harmonieuses. L'aîné, Nate (Peter Krause) a quitté le domicile
familial depuis de nombreuses années, et cumule les conquêtes sans
pouvoir se stabiliser. Le second, David (Michael C. Hall), méprisé par
son père, travaille comme un forcené dans l'entreprise et oublie sa
détresse dans les bras d'un policier noir. Quant à la petite
dernière, Claire (Lauren Ambrose), elle se shoote régulièrement en compagnie de
marginaux. Pour corser le tout, Ruth avoue à ses enfants qu'elle
entretient depuis plusieurs années une relation adultère avec un
coiffeur ! Autant dire que la situation est particulièrement tendue...
Tout comme c'était le cas pour "Pushing daisies",
c'est l'originalité du cadre dans lequel se déroule l'histoire qui
retient de prime abord l'attention du spectateur. En l'occurrence une
patisserie là, une entreprise de pompes funèbres ici. Habitués que nous
sommes à être ballottés de cellules anti-terroristes en commissariats
de police, l'irruption dans le lieu particulièrement répulsif qu'est un
athanée ne peut que secouer sans ménagement notre coeur et nos
entrailles. D'autant plus que ce ne sont pas les événements
horrifiques, émouvants, stupéfiants ou répugnants qui manquent dans ce
type d'entreprise. Pour avoir travaillé plusieurs mois chez Roblot,
j'en sais quelque chose ! Et le drame commence sur les chapeaux
de roue. Au point que l'on se demande, avec un soupçon d'inquiétude, si
une telle intensité est capable de se maintenir sur de multiples
saisons. Quoi qu'il en soit, inutile de vouloir bouder le plaisir
immédiat que l'on prend à suivre les errements psychologiques et
les diverses péripéties plus ou moins catastrophiques qui émaillent la
vie de la famille Fisher. Hormis un petit bémol pour Claire, les
personnages charment instantanément. Loin de son personnage puissant de
"Dexter", Michael C. Hall émeut
profondément par sa sensibilité à fleur de peau et ses fêlures
intérieures. Quant à la Brenda de Rachel Griffiths, son charisme
provoque un envoûtement immédiat.
Les scénaristes exploitent avec habileté les
différentes facettes de la profession, tout en privilégiant les
composantes humaines, ce qui ne les empêche pas de manifester une
liberté de ton et une inventivité visuelle qui balaient de manière
explosive les convenances et les visions aseptisées, angéliques, que
l'on associe traditionnellement à la préparation mortuaire.
Une première saison souvent émouvante, toujours
palpitante, traversée en permanence d'un anticonformisme jouissif, mais surtout d'une richesse psychologique confondante.
Film sur
IMDB