Andy Hanson (Philip Seymour
Hoffman), employé d’une grande société immobilière, manque
cruellement d’argent, d’autant qu’un contrôle fiscal est sur le
point de révéler certaines irrégularités. Il convainc son jeune frère
Hank (Ethan Hawke) de braquer la petite bijouterie de leurs parents,
Charles (Albert Finney) et Nanette (Rosemary Harris).
Ce doit être une sinécure. Mais rien ne se passe comme prévu.
Effrayé, Hank a chargé une connaissance, Bobby Lasorda (Brian F
O’Byrne) d’exécuter le plan. Celui-ci, affolé, blesse grièvement la
propriétaire, Nanette (Rosemary Harris), qui réussit cependant à l’abattre.
C’est le début d’un cauchemar.
A plus de 80 ans, Sidney Lumet se révèle capable de livrer des œuvres
puissantes et résolument modernes. Sur une construction éclatée,
qui fait alterner présent et flash back, ( sans toutefois que
l’efficacité émotionnelle de « Amours chiennes » ou de
« 21 Grammes », par exemple, soit atteinte ), il explore
la descente aux enfers d’une famille apparemment sans histoires.
Contrairement à « 11 h 14 », dont le dramatisme inéluctable,
sous forme de puzzle, pâtissait d’une artificialité parfois gênante,
l’œuvre de Sidney Lumet ne sacrifie aucunement à l’esbroufe. On
n’y trouve pas davantage trace d’un humour noir et
sadique à la manière des frères Coen dans « Fargo ».
Nous sommes en présence d’un drame pur et dur, initié par la
faiblesse et l’inconscience de personnages ordinaires, aussi
pitoyables que révulsants. Au fur et à mesure que la tornade se
renforce, les séquences dévoilent progressivement les détails
du drame, quelquefois filmées sous un angle différent afin de mieux
éclairer les ressorts obscurs de la mécanique viciée, et les
motivations souterraines des différents protagonistes. Les acteurs
sont étonnants de justesse et c’est un dénouement intense et
poignant qui, à partir d'éléments banals, vient clore cette « journée de chien »
mortifère.