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" 7 h 58 ce samedi-là " 

( Before the Devil knows you're dead ),         2007,

de : Sidney  Lumet,

avec :  Philip Seymour Hoffman, Ethan Hawke, Ryan Gosling, Xander Berkeley, Albert Finney, Marisa Tomei, Sarah Livingston,

Musique : Carter Burwell

*******

    

    Andy Hanson (Philip Seymour Hoffman), employé d’une grande société immobilière, manque cruellement d’argent, d’autant qu’un contrôle fiscal est sur le point de révéler certaines irrégularités. Il convainc son jeune frère Hank (Ethan Hawke) de braquer la petite bijouterie de leurs parents, Charles (Albert Finney) et Nanette (Rosemary Harris). Ce doit être une sinécure. Mais rien ne se passe comme prévu. Effrayé, Hank a chargé une connaissance, Bobby Lasorda (Brian F O’Byrne) d’exécuter le plan. Celui-ci, affolé, blesse grièvement la propriétaire, Nanette (Rosemary Harris), qui réussit cependant à l’abattre. C’est le début d’un cauchemar.

    A plus de 80 ans, Sidney Lumet se révèle capable de livrer des œuvres puissantes et résolument modernes. Sur une construction éclatée, qui fait alterner présent et flash back, ( sans toutefois que  l’efficacité émotionnelle de « Amours chiennes » ou de « 21 Grammes », par exemple, soit atteinte ), il explore la descente aux enfers d’une famille apparemment sans histoires. Contrairement à « 11 h 14 », dont le dramatisme inéluctable, sous forme de puzzle, pâtissait d’une artificialité parfois gênante, l’œuvre de Sidney Lumet ne sacrifie aucunement à l’esbroufe. On n’y trouve pas  davantage trace d’un humour  noir et sadique à la manière des frères Coen dans « Fargo ». Nous sommes en présence d’un drame pur et dur, initié par la faiblesse et l’inconscience de personnages ordinaires, aussi pitoyables que révulsants. Au fur et à mesure que la tornade se renforce, les séquences dévoilent progressivement  les détails du drame, quelquefois filmées sous un angle différent afin de mieux éclairer les ressorts obscurs de la mécanique viciée, et les motivations souterraines des différents protagonistes. Les acteurs sont étonnants de justesse et c’est un dénouement intense et poignant qui, à partir d'éléments banals, vient clore cette « journée de chien » mortifère.

 

Bernard  Sellier  

  

 

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