Un petit village tranquille non loin de la frontière mexicaine. Ce
n'est évidemment pas la richesse pour les malheureux cultivateurs qui
y vivent, mais l'existence pourrait être paisible. Malheureusement,
le bandit Calvera (Eli Wallach) opère une razzia régulière sur les
quelques biens des habitants, tuant, au passage, ceux qui font mine de
lui résister. Que faire ? Le vieux du village décide que le meilleur
moyen est d'aller à la ville acheter des fusils. Trois hommes partent
dans ce but et font connaissance d'un homme courageux, Chris Adams
(Yul Brynner), qui accepte de les aider. Il recrute six équipiers
vaillants et arrive avec eux dans le village pour entraîner les
paysans à la résistance...
Un grand classique, inspiré, bien sûr, du film culte de Kurosawa,
"les 7 Samouraïs", (1954), mais qui n'est pas non plus sans
évoquer, sur divers plans, les "12
Salopards" (1967), de Robert Aldrich. On retrouve ici
une même unité d'action (un groupe est formé ponctuellement dans un
but unique et précis), et une gestion de personnages hétéroclites
qui partent d'un individualisme exacerbé pour donner naissance à un
groupe soudé par l'adversité. En revanche, si Aldrich s'en donne à
coeur joie dans la rébellion souvent jouissive des insoumis du style
Victor Franko, Sturges garde un sérieux constant, comme il le fera,
quelques années plus tard, dans "La
grande évasion". Ses sept
figures sont brossées en quelques minutes, en deux ou trois
répliques, et en traits simplistes. Il y a Britt (James Coburn), le
lanceur de couteau ; Chico (Horst Buchholz), jeune chien fou
inexpérimenté, sensible, orgueilleux, qui cherche la reconnaissance
d'aînés ; Harry (Brad Dexter), obsédé par le supposé trésor qui
est au bout de la route ; Lee (Robert Vaughn), qui vit dans les
cauchemars et se voit journellement confronté à la peur qui le
tenaille... Puis c'est la longe coexistence avec les villageois. Et,
peu à peu, dans cet espace confiné, la primarité des premières
scènes laisse la place à un approfondissement des mentalités, à
une observation des comportements, à une émotion discrète. Une
sensibilité distanciée et pudique s'installe et les individus bruts
de décoffrage du départ traversent une phase initiatique dans
laquelle la réflexion sur le but de la vie devient primordial. Le
dénouement laisse une sensation d'amère mélancolie, lorsque les
"vainqueurs" prennent conscience du dérisoire de leur
existence.
Aucune fioriture dans la réalisation, le classicisme solide est là,
servi par des acteurs hautement charismatiques (Steve McQueen...),
malheureusement doublés, pour certains, de manière peu convaincante.