Des
élections présidentielles ont lieu dans un pays d'Amérique Centrale.
Alors que les résultats viennent de le donner vainqueur, Gueriero
(Angelo Aybar) est abattu par son homme de confiance, Esteban (Nicolas
Vayssie). Retour en arrière, huit mois plus tôt. Un groupe de
personnes, disséminées dans le monde, ont créé un pays virtuel, 8th
wonderland. Ils communiquent par Internet et mènent diverses actions
destinées à faire prendre conscience aux masses des dérives de tous
ordres dues aux politiques sociales ou économiques...
Le postulat de base ne manque pas d'intérêt. Mais si
le
fond est louable, la forme cinématographique laisse pour le moins
perplexe. Le tourbillon répétitif des petites lucarnes video dans
lesquelles s'expriment (et s'engueulent) les multiples intervenants
"libres", ainsi que les innombrables micro commentaires des
présentateurs (trices) multilingues de divers pays, d'abord vivants,
deviennent très vite lassants. Quant à l'intention des auteurs, elle
est à la fois claire sur certains points et nébuleuse sur d'autres.
Claire sur le fait que la manipulation, l'infiltration, la
cancérisation menacent tout aussi bien une confédération virtuelle
qu'un pays réel. Nébuleuse en ce qui concerne le point de vue porté sur
cette puissance invisible, qui semble adopter le credo : "la fin
justifie les moyens", et utilise des méthodes plus que douteuses. Entre
les actions gentiment potaches du début (installation de distributeurs
de préservatifs au Vatican), et les actions violentes orchestrées pour
le "bien" des délaissés, le spectateur ressort de cette vision
avec une impression de malaise général, déconcerté par un regard sur le
phénomène qui semble privé de position claire, ou même de possibilité
de réflexion, tant l'ensemble affiche une apparence foutraque.
Une idée originelle captivante, un traitement original, mais un résultat décevant.
Film sur
IMDB