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" 99  Francs ",      2007,

de : Jan  Kounen,

avec : Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille, Vahina Giocante, Antoine Basler, Nicolas Marié,

Musique : Jean-Jacques  Hertz, François  Roy

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    Octave (Jean Dujardin) est l’un des plus brillants publicitaires de la société Ross & Wishcraft. Mais à réussite exceptionnelle, destin exceptionnel, avec, peut-être, au détour du chemin de vie, un suicide. C’est le moment de revisiter les quelques moments forts d’une existence aussi marginale que perturbée.

    Pas étonnant que Jan Kounen, adepte des voyages intérieurs sous Ayahuasca, et à peine sorti des plans parallèles de "Blueberry" ou « D’autres mondes », se soit intéressé à l’ouvrage largement autobiographique de Frédéric Begbeider, avec son personnage central qui sniffe la cocaïne comme d’autres s’enfilent les tablettes de chocolat. Et sans doute était-il particulièrement apte à transcrire visuellement les errements psychiques d’Octave, en permanence écartelé entre le monde quotidien, prétendu réel, et les univers oniriques qui s’invitent avec plus ou moins de bonheur dans l’espace professionnel ou intime de l’intéressé. Ce va et vient mouvementé, bariolé, hautement périlleux, donne naissance à un film à son image, c’est-à-dire affublé d’un montage psychédélique, traversé de visions déformées, de délires morbides, voire de dessins animés régressifs. Paradoxalement, ce monde mortifère explose de vie à l’écran et Jean Dujardin se révèle idéal dans la peau de ce pantin aussi désarticulé que pitoyable.

    A l’instar de « Lord of War » ou de « Thank you for smoking », l’œuvre se veut également une charge explosive contre la publicité et ses dérives perverses qui réduisent le consommateur-cible à l’état de larve décérébrée gloutonne ( Le "client" d'Octave est la société "Madone"... On ne voit vraiment pas à qui peut ressembler ce fabricant de yaourts !!! ). Dans ce domaine, il n’est pas évident que le but soit atteint, car l'outrance dans la caricature de ce milieu inconnu et l’infantilisme ludique d’Octave tendent à rabaisser la charge guerrière au niveau d’un jeu speedé pour adolescents immatures. L’ignoble pouvoir publicitaire qui est dénoncé sans ambage (quelques lignes à la fin du film se passent de commentaires : 500 milliards de dollars dépensés par an en pubs, dont le dixième suffirait à éradiquer la famine dans le monde !) est réel. Mais il s voit ici réduit à l’état de manège dérisoire, presque ludique, dans lequel l’esprit batifole avec autant de répulsion que de délectation.

 Bernard  Sellier   

  

 

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