Le commandant Marko Ramius (Sean Connery) est
l'un des piliers humains de la flotte soviétique. C'est la raison pour
laquelle il est chargé de procéder aux essais du sous-marin
"Octobre rouge" de la classe des typhons, équipé d'un système de
propulsion révolutionnaire ("la chenille") qui le rend indétectable aux
sonars. A bord du sous-marin est embarqué un officier politique chargé
d'ouvrir en mer les ordres de mission et d'observer leur suivi correct.
Mais le dessein de Ramius est tout autre. Après avoir assassiné
l'officier, il substitue sa propre feuille de route. Le gouvernement
soviétique, averti par une lettre de Ramius de son but véritable, lance
la flotte à sa poursuite avec mission de le couler...
Sans effets spéciaux tapageurs, avec une action réduite au minimum,
avec une suite de huis-clos au fond des océans dans un espace confiné,
John Mc Tiernan réussit à livrer un film passionnant de bout en bout, à
l'intrigue complexe, mais claire car remarquablement construite, au
suspense permanent, aux acteurs en adéquation parfaite avec leurs
personnages profondément humains, et, qui plus est, intelligent et
porteur de réflexion.
Cette première aventure de Jack Ryan (Alec Baldwin), que l'on
retrouvera à plusieurs reprises avec "Jeux de guerre" et "Danger immédiat", se
démarque de ses consoeurs par la suprématie accordée à la pensée par
rapport à l'action pure et dure. L'enjeu est beaucoup plus
important que dans les deux films suivants, puisqu'ici se joue le
déclenchement hypothétique d'une troisième guerre mondiale. Et,
paradoxalement, c'est l'intuition qui y est le personnage principal. Le
Jack Ryan que l'on a connu batailleur, quasi émule de Rambo, sous les
traits d'Harrison Ford, est ici un personnage discret, partagé entre
ses angoisses, le poids de ses responsabilités et son admiration pour
Ramius. Sean Connery, presque toujours irradiant de charisme
quel que soit son rôle, est impérial de calme assurance et de
philosophie désabusée.
John Mc Tiernan réussit le tour de force de composer sur une base
minime : quelles sont les véritables intentions de Ramius ?, une oeuvre
haletante qui donne froid dans l'épine dorsale lorsque l'on pense que
l'avenir de la planète peut dépendre d'une intuition juste ou erronée...