Tomokawa (Eiji Okuda) est un flic ordinaire,
spécialisé dans la récupération d'animaux ! Il trouve un jour sur son
chemin une très jeune fille, Yoko (Mayu Ozawa), qui semble attirée par
lui. Mais, au petit matin, elle a disparu. Il se lance à sa recherche,
et découvre bientôt qu'elle est la petite fille de Shozo (Hideo
Murota), l'embaumeur de cadavres, qui lui a jadis tatoué un oiseau
magique sur le dos. Elle vit avec son frère, Sukemasa (Akira Shoji),
qui est légèrement déséquilibré...
Il fait manifester une certaine bonne volonté pour entrer dans cette
histoire a priori passablement banale, dont on ne sait,
pendant un long moment, vers quoi elle veut déboucher. Une enquête
façon "Memories of murder"
? Un concentré d'angoisse façon "Audition"
? En fait, hélas, pourrait-on dire, rien de tout cela ! A l'extrême
rigueur une idylle romantico-naïve, qui s'étire sur plus de deux
heures, ce qui constitue une épreuve, tant la matière scénaristique est
ténue. De plus, les personnages aux tempéraments ternes, la relation
amoureuse sans passion exacerbée, sans intériorisation fascinante, ne
contribuent pas à provoquer une participation émotionnelle chez le
spectateur. Pour tout dire, il est bien difficile de s'intéresser à
cette adolescente souvent inexpressive, à ce policier passe-partout, et
à cette prétendue passion qui apparaît plus qu'improbable. Seuls Shozo,
obsédé par l'art du tatouage (ce qui nous vaut une longue séquence dans
laquelle le symbolisme de cet art est peut-être éloquent pour les
Orientaux, mais se révèle surtout indigeste pour nous autres
Occidentaux !), et Sukemasa, l'innocent épileptique, apportent une note
un tant soit peu pimentée à une oeuvre génératrice d'ennui. Quant au
final vaguement burlesque, pour le moins surprenant, il ne convainc pas
davantage que le récit qui le précède. La plus grosse surprise naît en
fait de l'insertion incongrue, au milieu du film, et à la fin, d'une
chanson de Pierre Barouh : "Le courage d'aimer"...