Deux Juges auprès de la Cour Suprême des
Etats-Unis, Jensen et Rosenberg, sont assassinés. Une jeune étudiante
en droit, Darby Shaw (Julia Roberts) fait des recherches sur les
antécédents des morts et échafaude une théorie dont elle fait par à son
amant, éminent professeur de droit devenu alcoolique, Thomas Callahan
(Sam Shepard). Celui-ci, sceptique, transmet le dossier à l'un de ses
amis du FBI, Gavin Vereek (John Heard). L'affaire remonte jusqu'à la
Maison Blanche. Et il semble bien que l'hypothèse n'est pas aussi
farfelue qu'elle le paraissait, puisque Darby échappe de peu à un
attentat. Pendant ce temps, le célèbre journaliste du Washington
Herald, Gray Grantham (Denzel Washington), reçoit un coup de téléphone
d'un homme qui se fait appeler Garcia et croit fermement avoir
découvert la vérité sur l'assassinat des Juges...
Les histoires d'espionnage et de combats obscurs entre services secrets
sont souvent fort nébuleuses, et celle-ci ne fait pas exception à la
règle ! Pendant une bonne demi-heure, le spectateur rame pour
apercevoir un rai de lumière dans les personnages qui gravitent autour
du Président (Robert Culp) et leurs motivations avouées ou
souterraines. Peu à peu on commence à démêler un écheveau qui demeure
toujours fort complexe. Sans aller jusqu'à dire que l'on se
désintéresse de cet embrouillamini, ce qui serait tout à fait exagéré,
car le suspense rebondit suffisamment pour maintenir éveillée la
curiosité, il faut reconnaître que les péripéties traînent un peu en
longueur et que le rythme est, globalement, languissant. Le film aurait
manifestement gagné à être raccourci d'une bonne vingtaine de minutes
et à recentrer un scénario trop lâche, afin d'entretenir une tension
plus constante.
C'est finalement grâce à une excellente et riche distribution que l'on
participe à ce jeu de cache cache mortel. Julia Roberts, en fragile
étudiante complètement dépassée par l'ampleur de ce qu'elle a mis à
jour, et Denzel Washington, en reporter intègre, sont tout à fait
crédibles dans leurs rôles respectifs. John Lithgow, John
Heard, Tony Goldwyn (le vilain de "Ghost",
décidément habitué aux incarnations de salauds), Hume Cronyn
(Rosenberg) viennent compléter une galerie de personnages riche et
grouillante.
Même si l'apparente confusion du film transmet un fidèle reflet de
celle qui règne dans les arcanes du pouvoir, et contribue à rendre plus
authentique cette lutte aussi violente qu'hypocrite, il n'en reste pas
moins que le résultat final n'est pas à la hauteur de ce qu'on aurait
pu attendre au vu d'un excellent sujet servi par des acteurs
convaincants et charismatiques.