Alison
Mundy (Lesley Sharp) poursuit la difficile mission dont elle se sent
investie, à savoir venir en aide aux personnes dont la vie physique ou
psychique est gravement perturbée par des âmes désincarnées. En
l'occurrence, elle aperçoit un jour, sur le lieu où s'est produit
récemment un accident de voiture, une jeune fille décédée qui semble
totalement désemparée. Les trois jeunes qui se trouvaient eux aussi à
bord du véhicule sont gravement perturbés par la mort de leur amie...
Toujours avec gravité, sobriété, justesse (Lesley Sharp est un modèle
dans ce
genre qui ne demande souvent qu'à flirter avec les excès), et une
dramaturgie qui va crescendo au fil des épisodes (les quatre derniers
paroxystiques !), cette série aussi
intelligente que surprenante visite les mondes énergétiques qui bordent
le nôtre en y effectuant, parfois, des incursions destabilisantes. Bien
sûr, certains épisodes présentent un pic d'intérêt légèrement
inférieurs à leurs voisins, et l'on peut, à la rigueur, ergoter que
l'opposition des deux personnalités principales montre des soubresauts
un peu artificiels, destinés à raviver la tension générale, mais
l'intensité narrative est toujours présente, la qualité de l'écriture
immuable, et la variété des domaines "surnaturels" abordés, captivante.
Sans parler de la plongée en apnée dans les abîmes pathologiques
de l'enfance traumatisante d'Allison. Pour une fois que l'ouverture sur
les univers dits "parallèles" ne
s'accompagne pas d'effets grandiloquants, de personnages hypertrophiés,
ou de montages épileptiques, on ne peut que crier bravo ! Les tragédies
individuelles vécues sont profondément émouvantes, d'une dignité
exemplaire (à ce titre, l'épisode 4 est à marquer d'une pierre
étincelante) et provoquent une suite d'interrogations aussi poignantes
que lucides et pertinentes sur le devenir de l'être après la
transition. Une réussite majeure et inoubliable.