Quatrième
siècle après Jésus Christ. Dans la ville d'Alexandrie, placée sous le
contrôle de Rome, se côtoient Juifs, Chrétiens et "Païens". Une jeune
et jolie femme, Hypatia (Rachel Weisz), fille de Theon (Michael
Lonsdale), conservateur de la célèbre bibliothèque, enseigne
l'astronomie à un groupe d'hommes parmi lesquels Orestes (Oscar Isaac)
et Davus (Max Minghella). Les tensions se font de plus en plus vives
entre les différentes communautés, et, emportés par le fanatique Cyril
(Sami Samir), les Chrétiens saccagent la bibliothèque...
Changement radical de thématique pour le réalisateur des "Autres" et de "Ouvre les yeux".
Son incursion inattendue dans le peplum est-elle convaincante ? Si l'on
se place sur le plan de la reconstitution, la réponse est oui. La
camera survole les décors avec une ampleur majestueuse et le spectateur
n'a pas de difficulté à se croire transporté au coeur de la cité
culturelle. De même il est tout à fait passionnant de voir le scénario
tourner autour d'une héroïne atypique, aussi gracieuse qu'évoluée
intellectuellement dans une époque où la femme n'avait pas vraiment
pour destinée de devenir une flamme culturelle. En revanche, si l'on
considère le résultat global, l'enthousiasme est nettement affaibli.
Alors que la série "Rome",
certes grandement aidée par une durée largement plus confortable, était
parvenue à un équilibre quasiment parfait entre grande histoire et
destins individuels de personnages incarnés avec autant de puissance
que de profondeur, la cohésion est ici beaucoup plus erratique.
Les scènes de combat ou de pillages, nombreuses et agitées,
sont impressionnantes, mais, intercalées entre elles, les
cogitations et recherches scientifiques d'Hypatia tombent un peu
comme des cheveux sur de la soupe. Surtout que les personnalités
secondaires qui entourent la jeune femme ne sont guère charismatiques
et ressemblent de ce fait plus à des ombres qu'à de véritables
êtres vivants de chair, de sang et de passions. Alors, malgré l'intérêt
majeur et l'actualité du thème central ( n'importe quelle religion,
ingurgitée par des ignorants est source de barbarie ), malgré
l'atmosphère prenante et l'agitation ambiante, le temps paraît souvent
bien long, tant il est difficile d'entrer en résonance intime avec les
personnalités qui évoluent devant nous.