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" Agora ",          2009,

de : Alejandro  Amenábar,

avec : Rachel Weisz, Michael Lonsdale, Max Minghella, Oscar Isaac, Rupert Evans, Richard Durden, Sami Samir, 

Musique :  Dario Marianelli

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agora

    

    Quatrième siècle après Jésus Christ. Dans la ville d'Alexandrie, placée sous le contrôle de Rome, se côtoient Juifs, Chrétiens et "Païens". Une jeune et jolie femme, Hypatia (Rachel Weisz), fille de Theon (Michael Lonsdale), conservateur de la célèbre bibliothèque, enseigne l'astronomie à un groupe d'hommes parmi lesquels Orestes (Oscar Isaac) et Davus (Max Minghella). Les tensions se font de plus en plus vives entre les différentes communautés, et, emportés par le fanatique Cyril (Sami Samir), les Chrétiens saccagent la bibliothèque...

    Changement radical de thématique pour le réalisateur des "Autres" et de "Ouvre les yeux". Son incursion inattendue dans le peplum est-elle convaincante ? Si l'on se place sur le plan de la reconstitution, la réponse est oui. La camera survole les décors avec une ampleur majestueuse et le spectateur n'a pas de difficulté à se croire transporté au coeur de la cité culturelle. De même il est tout à fait passionnant de voir le scénario tourner autour d'une héroïne atypique, aussi gracieuse qu'évoluée intellectuellement dans une époque où la femme n'avait pas vraiment pour destinée de devenir une flamme culturelle. En revanche, si l'on considère le résultat global, l'enthousiasme est nettement affaibli. Alors que la série "Rome", certes grandement aidée par une durée largement plus confortable, était parvenue à un équilibre quasiment parfait entre grande histoire et destins individuels de personnages incarnés avec autant de puissance que de profondeur,  la cohésion est ici beaucoup plus erratique. Les scènes de combat ou de pillages,  nombreuses et agitées,  sont impressionnantes, mais, intercalées entre elles,  les cogitations et recherches scientifiques  d'Hypatia tombent un peu comme des cheveux sur de la soupe.  Surtout que les personnalités secondaires qui entourent la jeune femme ne sont guère charismatiques et ressemblent de ce fait  plus à des ombres qu'à de véritables êtres vivants de chair, de sang et de passions. Alors, malgré l'intérêt majeur et l'actualité du thème central ( n'importe quelle religion, ingurgitée par des ignorants est source de barbarie ), malgré l'atmosphère prenante et l'agitation ambiante, le temps paraît souvent bien long, tant il est difficile d'entrer en résonance intime avec les personnalités qui évoluent devant nous.


Bernard  Sellier 

  

 

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