La guerre froide a pris fin. Un commando américain enlève , au coeur
de son palais présidentiel au Kazakhstan, le General Ivan Radek,
responsable de centaines de milliers de morts. Quelques jours plus
tard, le Président des Etats-Unis, James Marshall (Harrison Ford) et
son homologue soviétique, Petrov (Alan Woolf) se félicitent à
Moscou de cette victoire. Tout irait pour le mieux dans le plus
paisible des mondes, si, durant le vol de retour vers l'Amérique, à
bord de "Air Force One", un commando d'Ultranationalistes
russes, dirigé par Ivan Korshunov (Gary Oldman), ne prenait le
contrôle de l'avion, avec l'aide de l'un des responsables de la
sécurité, l'agent Gibbs (Xander Berkeley)...
Il est légitime de manifester sa surprise en voyant le réalisateur
du génial "das Boot", empiéter sur les plates-bandes
ordinairement squattées par Michael Bay ("The
Rock"), Stuart Baird ("Ultime
décision"), ou autres Simon West ("Les
ailes de l'enfer"). Car, si l'ensemble ne manque pas d'une
certaine efficacité primaire, en revanche, toute la richesse et
l'humanité qui faisait le prix du "Bateau" y font
cruellement défaut. Même "Dans la
ligne de mire", le réalisateur mêlait avec habileté
suspense et psychologie. Dans la grosse machinerie présente, le
spectateur doit se contenter de suivre une histoire balisée,
prévisible, dans laquelle le courageux Président-combattant prouve,
à la face du monde, qu'il est de taille à se mesurer, même seul,
même trahi par l'un des siens, au terrorisme international. Il est un
bon administrateur, un homme juste, un bon père de famille, un tendre
époux... bref, Dieu incarné aux Etats-Unis. De même, la
Vice-Présidente, Kathryn Bennett (Glenn Close, plus convaincante en
Diva capricieuse dans "La tentation
de Vénus", ou en maîtresse carnivore dans "Liaison
fatale"), est l'incarnation de la droiture inébranlable. Bon,
c'est sûr, le commentaire est quelque peu caricatural, mais le film
ne l'étant pas moins, le pardon sera vraisemblablement accordé. Afin
de se distraire, il est également possible de comptabiliser les à
peu près scénaristiques qui sont, il faut le reconnaître, moins
aberrants que ceux d'"Alerte",
sorti deux ans plus tôt.
Pour le plaisir de voir Harrison Ford dans l'un des derniers opus de
sa série "aventurier redresseur de torts". C'est tout de
même peu...