1967 au Zaïre. Un camp de mercenaires est
dévasté par une épidémie due à un virus qui tue avec une rapidité
foudroyante. Pour éviter une propagation mondiale catastrophique,
l'armée rase toute la zone et garde le secret sur ce drame. Une
vingtaine d'années plus tard, le colonel Sam Daniels (Dustin Hoffman),
spécialiste virologue, est envoyé en Afrique où quelques personnes
présentent les symptômes d'une infection mortelle. Rentré aux
Etats-Unis, il en informe son supérieur, le général Billy Ford (Morgan
Freeman), mais celui-ci n'y attache guère d'importance. Quelques
semaines plus tard, plusieurs décès annoncent le début d'une épidémie.
Le responsable est un singe ramené illégalement du Zaïre. Une petite
ville américaine de Californie, gravement touchée, est encerclée par
l'armée qui décrète une quarantaine absolue. Contre les ordres du
général, Sam se rend sur les lieux où il retrouve son ex-femme,
spécialiste elle aussi, Robby Keough (Rene Russo)...
Ouah ! Quel suspense ! Rarement autant d'événements auront été
condensés en un tel temps record ! Inutile de chercher la crédibilité
ou la vraisemblance. Inutile de s'attendre à une étude du type "les
soldats de l'espérance". Il faut voir ce film pour ce qu'il est,
c'est-à-dire un thriller biologico-militaro-passionnel. Et, dans ce
créneau là, il faut reconnaître que l'efficacité est présente. Si l'on
passe sur les diverses invraisemblances, les quelques heures qui
permettent à Sam de s'enfuir en hélicoptère, de passer au bureau des
affaires maritimes, de retrouver un cargo qui a pris la mer, y
descendre, trouver la photo du porteur du virus, revenir sur la terre
ferme, piéger le singe qui se baladait en forêt, échapper aux méchant
général qui veut le descendre, et enfin fabriquer le sérum qui va
sauver la population... ouf !, eh bien on ne peut tout de même que
demeurer scotché sur le fauteuil en assistant aux manigances du
sinistre Donald Sutherland et en priant très fort pour que une "happy
end" survienne. C'est le cas ! Sauvés !
Trève de plaisanterie, ce film est tout de même assez passionnant et a
le mérite, ( avec en prime l'éternel poncif du héros qui est
séparé-mais aime toujours sa femme-qui ne l'aime plus-mais à la
fin...), d'aborder un sujet qui fait mal, à savoir les essais d'armes
bactériologiques que les Etats-Unis et certainement d'autres pays ont
tenté de concocter malgré les risques majeurs que ce type d'essai peut
engendrer. Sur
ce sujet, les courageux peuvent lire les deux tomes qui ont été écrits
par Leonard G. Horowitz : "La guerre des virus". Ouvrage difficile, car bourré de
documents, mais qui représente une étude exceptionnelle des causes
possibles de l'apparition du VIH.
On sursaute, on frissonne, on est impressionné par cet état de guerre
contre un ennemi invisible qui est efficacement rendu
cinématographiquement, mais on est très loin de l'authenticité qui
faisait de l'une des premières réalisations de Wolfgang Petersen, 14
ans plus tôt, "Le bateau", un pur chef d'oeuvre !