A la suite d'une alerte au feu, le module EEV
337 dans lequel Ellen Ripley (Sigourney Weaver) a fui à la fin de
l'épisode II, se crashe sur une planète prison, Fiorina 161. Là vivent
une vingtaine de prisonniers condamnés pour d'horribles crimes, sous la
surveillance de deux gardiens, Andrews (Brian Glover) et Aaron (Ralph
Brown), ainsi que d'un médecin, Clemens (Charles Dance). Les deux
survivants qui avaient accompagné Ripley, Rebecca et Hicks, sont morts.
Mais un alien s'était infiltré dans la capsule et il commence son
travail de nettoyage...
James Cameron n'avait pas lésiné, précédemment ("Aliens 2, le retour"), sur les
moyens, et avait su allier la quantité des monstres à la qualité du
scénario et de la constance dans le tragique et l'horreur. On revient
ici à une certaine frugalité, une grosse bébête solitaire, mais bien
huilée, le crâne soigneusement rasé comme celui de Ripley, plus rageuse
que jamais, et dont l'intelligence comme la ruse semblent s'être
développées. David Fincher a cherché à créer une atmosphère originale
avec ce concentré improbable de détenus dont certains ont viré à un
soi-disant mysticisme, et qui ont choisi de demeurer sur cet astre
désertique. Soit.
Cependant, malgré l'habituelle kyrielle de prédations sanglantes à
laquelle se livre l'Alien, les premières quatre vingt minutes
ne réussissent qu'à installer une lenteur pesante et une lassitude à la
limite de l'ennui. Heureusement, si l'on peut dire, il y a un
emballement soudain. Le réalisateur plonge dans une frénésie
apocalyptique. La caméra, comme fixée dans l'oeil du monstre, se fait
virevoltante, s'engouffre dans des kilomètres de tunnels à la poursuite
de ses proies et l'on retrouve avec un certain plaisir le David Fincher
virtuose qui utilisera la même technique reptilienne dans son "Panic Room". Le suspense
s'installe, le rythme bondit, l'émotion affleure et le spectateur
assiste, assez médusé, à un final directement pompé sur le "Terminator 2" de James
Cameron, sorti l'année précédente !
Néanmoins, malgré des décors réussis, malgré une insistance, plus
marquée encore au cours de ce troisième épisode, dans le lien
filial qui unit la créature à Ripley, et qui, je l'avoue, me laisse
complètement indifférent, cet avant-dernier volet demeure à mon goût
bien décevant et paraît fort terne à côté du
précédent, baigné par une intensité émotionnelle constante.