Ripley (Sigourney Weaver), seule survivante du
"Nostromo" est recueillie après 57 ans de voyage par une
station spatiale. Après enquête de la Compagnie qui avait affrêté
le vaisseau, elle est interdite de vol. Mais, bientôt, Carter Burke
(Paul Reiser) la convainc de participer à une mission de sauvetage
sur la planète LV 4.26 (l'astre d'origine des aliens), sur laquelle
travaille une centaine de colons, et dont aucune nouvelle ne parvient
plus. Après hésitation elle accepte. Un commando de Marines, dirigé
par le lieutenant Gorman (William Hope), l'accompagne. Carter est du
voyage, ainsi qu'un androïde, Bishop (Lance Henriksen). A l'arrivée,
ils découvrent des installations désertes et nul signe de vie...
Précisons d'emblée que les bébêtes, qu'elles soient à l'état
adolescent ou à l'état de "Reine", sont toujours aussi
baveuses, répugnantes et, pour tout dire, irrémédiablement
ridicules. J'avoue ne pas comprendre très bien la conception
esthétique de l'auteur de ces créatures... Mais, une fois leur
apparence grotesque acceptée, il faut reconnaître à cette seconde
aventure intersidérale une sacrée gueule. La version de Ridley Scott
avait un côté yin, passif, qui en faisait une sorte de "2001
odyssée de l'Alien" à la limite parfois du contemplatif. Ici,
nous sommes d'emblée dans le yang le plus macho. Les Marines qui
embarquent dans cette mission, simple routine pour ces sur-hommes
guerriers, sont plus inconscients et abrutis que nature. James
Cameron, avec un sens aigu du rythme, de la progression dramatique, va
les balader dans un décor fantasmagorique, en jouant très habilement
avec les nerfs du spectateur, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un
petit nombre. Et la progression dramatique est maîtrisée d'une
manière magistrale, le danger et la terreur se répartissant très
habilement entre les divers protagonistes.
Beaucoup plus élaboré scénaristiquement et beaucoup plus riche en
rapports humains que le premier épisode, bourré de gadgets, gorgé
de suspense et de tension dramatique, peuplé de personnages aussi
divers que Burke, le pourri, Private Vasquez (Jenette Goldstein),
l'androgyne mexicaine plus virile que Rambo, Gorman, dépassé par les
événements ou encore Bishop plus humain que les vrais, ce tome
2 introduit de plus une relation mère-fille attachante entre
Ripley et la petite Rebecca "Newt" (Carrie Henn). On
retrouve symboliquement cet aspect filial dans la Reine des
Aliens et ses "enfants" couvés. Et que dire de ce final,
haletant et spectaculaire, sinon qu'il clôt magistralement un
épisode passionnant de bout en bout.
Dans le genre, une réussite incontestable.