|
AMES
SOEURS
|
|
Poème inspiré du
film : " Retour à Cold Mountain " de Anthony
Minghella
Avertissement : il peut être
préférable d'avoir vu le film avant de lire le poème...
|

|
Devant mes yeux
brouillés par les pleurs et la boue,
Je perçois ton visage aux longs cheveux dorés.
Ton image me hante, à en devenir fou,
Tu es l'espoir lointain de mon cœur déchiré.
|

|
Ils sont couchés là-bas, mes frères d'agonie,
Noyés dans les ruisseaux de leur sang juvénile,
Libérés pour toujours de ce monde en furie,
Qui balaie de son souffle impur les corps fragiles.
|

|
Pourquoi suis-je sorti vivant de ce carnage ?
Le pouvoir de l'amour serait-il donc si fort ?
Mes mains tremblent de peur, aurai-je le courage,
De quitter la folie des artisans de mort ?
|

|
La nuit recouvre enfin les cadavres épars.
Les clameurs des blessés ont sombré dans l’abîme.
Sur la terre rougie, rôdent les charognards,
Attirés par l’odeur lourde et âcre du crime.
|

|
Le sort en est jeté, je m’enfuirai demain,
Vers la douce tiédeur de ta bouche enivrante.
Qu’importent les dangers, l’infini du chemin,
Je suis saoul de ton corps, de ta voix caressante.
|

|
Notre unique baiser habite ma mémoire,
Balaie, tel un géant, mes remords dérisoires.
Je me voudrais poète, orchestrateur de mots,
Aptes à célébrer tes charmes virginaux.
|

|
Mais je ne suis plus rien qu’un déserteur maudit,
Robot désincarné en quête d’une étoile.
Elle m’attend là-bas,
chante sa mélodie,
Tisse pour mon corps las une apaisante toile.
|
|
Jours et nuits sont des siècles qui minent ma vie.
Je sens le désespoir consumer mon courage.
Te reverrai-je enfin, chère âme-sœur bénie,
Qui éveilla l’humain dans mon être sauvage ?
|
|
Tes yeux sont-ils perdus dans l’azur que j’explore,
Appelant de leurs vœux celui qui te vénère ?
Le soldat harassé qui pour toujours adore,
L’harmonie de ton cœur et sa flamme solaire.
|
|
25/03/2004
|