Paula Henning (Franka Potente) est une brillante étudiante en
médecine. Classée deuxième d'un concours, elle est admise, pendant
ses vacances, à un stage d'anatomie dans le service prestigieux du
professeur Grombek (Traugott Buhre), à Heidelberg. Elle y fait la
connaissance de divers étudiants, dont Gretchen (Anna Loos),
nymphomane, Caspar (Sebastien Blomberg), et le mystérieux Hein (Benno
Fürmann). Elle est tout d'abord stupéfaite de trouver parmi les
sujets à disséquer, un jeune homme, David, qu'elle avait
rencontré dans le train. Elle mène son enquête et acquiert bientôt
la conviction que se cachent dans l'université des adeptes de l'Ordre
"anti hippocratique", qui, au cours des âges s'est servi de
vivants pour pratiquer des dissections devant permettre le progrès de
l'anatomie...
Sujet hautement passionnant pour un film qui tient à la fois du
thriller et du film d'horreur. Le contraste entre la ville de
Heidelberg, tranquille, verdoyante et médiévale, avec cette
université moderne, désincarnée, où se déroulent des abominations
dans des salles de dissection nues et glaciales, est tout à
fait saisissant. De même que ce hall d'exposition où sont
présentés, dans des poses de statues antiques, les cadavres aux
organes mis en valeur. Et, tout comme c'était le cas dans l'excellent
"Mesure d'urgence", le
spectateur se trouve confronté à la lutte éternelle du bien et du
mal. Mais ce qui était traité, assez intelligemment et subtilement,
dans le film de Michael Apted, se voit ici transformé en un délire
maniaque de quelques malades mentaux, plus proches de Freddy que du
professeur Myrick.
Le traitement du suspense laisse d'ailleurs plus que perplexe. Que la
finesse ne soit pas le fort de ce genre d'aventure, passe encore.
L'efficacité doit primer pour que le spectateur sente son sang se
glacer ! C'est de bonne guerre. En revanche, j'avoue que c'est la
première fois, autant que je me souvienne, que je vois le
réalisateur livrer à la huitième minute du film la clé de son
sujet ! Certes la suite n'est pas méprisable, mais quel a pu être
son but en dévoilant ainsi, dès le début, ce qui, en toute logique
n'aurait dû être appréhendé que petit à petit ? Mystère.
De bonnes idées, mais l'impact fléchit très nettement à la seconde
vision où les défauts de construction et les poncifs du genre
(l'intelligente héroïne qui se rend, la nuit, seule, dans une salle
déserte pour un soi-disant rendez-vous !) ont une fâcheuse tendance
à prendre le pas sur les qualités de fond de l'histoire.