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ANTRE
DIABOLIQUE
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Poème inspiré du
film : " Anatomie de l'enfer
" de Catherine Breillat
Avertissement : il peut être
préférable d'avoir vu le film avant de lire le poème...
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Une
maison silence,
Au
bord de la falaise,
Où
se brise en cadence,
La
houle portugaise.
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Une
maison désert,
Qui
pleure sa gaîté,
Camoufle
sa misère,
De
berceau pétrifié.
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Blafardes
pièces vides,
Sans
âme et sans histoire,
La
nudité livide,
D'un
champ laboratoire.
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Barreaux
d'un lit prison,
Lumière
vive et crue,
Fétide
exhalaison,
D'un
passé vermoulu.
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Lentement,
il s’avance,
Silhouette
ténébreuse,
Corps
viril dans la transe,
D’une
épopée lépreuse.
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Etendue
sur le lit,
Elle
offre à son regard,
L’ultime
ignominie,
Le
corps honteux sans fard,
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L’insondable,
l’abîme,
Où
le dard s’engloutit,
Innocente
victime,
D’un
bourreau paradis.
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Caresse
de la chair,
Lent
apprivoisement,
De
cette antre bouchère,
Qui
saigne ses tourments.
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Vaincre
dégoût, effroi,
De
la rouge rivière,
Où
se perd et se noie,
La
virilité fière.
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Est-elle
vraie puissance,
Sereine,
impératrice,
La
mâle turgescence,
Triste
et perforatrice ?
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A
l’entrée du tunnel,
Sombrement
captateur,
Elle
tremble et chancelle,
Glisse
dans la langueur,
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Le
Yin aspirateur,
L’inconnu
maléfique,
Jouent
les noirs prédateurs,
Des
hampes priapiques.
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Neptune
et son trident,
Misérable
symbole,
Qui
masque le néant,
De
son pouvoir gloriole,
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Regarde
au fond des yeux la faille qui t’habite,
Accepte
que l’épieu, signe de ta puissance,
Chancelle
et s’humilie devant l’antre bénite,
D’où
tu jaillis un jour, empli de suffisance.
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17/05/2004
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