John
Trent (Sam Neill), expert auprès d'une compagnie d'assurance, n'a pas
son pareil pour subodorer les arnaques et les arnaqueurs. Il est
contacté un jour par Jackson Harglow (Charlton Heston), éditeur des
romans horrifiques du célèbre Sutter Kane (Jürgen Prochnow). Celui-ci a
disparu depuis quelques mois. Trent, accompagné d'une jeune lectrice,
Linda Styles (Julie Carmen), tente de découvrir la ville de Hobbs End,
décrite dans les ouvrages, estimant que Kane doit s'y dissimuler afin
d'accroître sa notoriété par un coup savamment monté...
Le film ne manque ni de qualités dramatiques, ni de montées
d'adrénaline habilement dosées. L'idée originelle, à savoir le pouvoir
du verbe sur la création de la réalité, est loin d'être inintéressante.
Les interférences entre réalité perçue par les sens et réalité
fabriquée par le subconscient sont elles aussi conduites de manière
très efficace. Mais, malheureusement, comme souvent, le créateur se
croit obligé de corser le mélange et de faire intervenir de grosses
bébêtes bien gluantes, qui, non seulement n'apportent rien à
l'histoire, mais surtout déprécient la qualité générale de la descente
aux enfers du héros. C'est d'autant plus dommage que le personnage
incarné par Sam Neill glisse avec autant de subtilité que de mesure
dans l'aliénation mentale. Une semi-réussite.