Le docteur Joe Darrow (Kevin Costner), médecin aux urgences d'un
grand hopital américain, vient de perdre sa femme, Emily
(Susanna Thompson), elle aussi médecin. Partie au Vénézuéla pour
une assistance sanitaire, le bus qui la transportait dévale dans un
ravin et est emporté par une rivière en crue. Effondré, Joe reprend
tant bien que mal son service. Un jour, il s'entend appeler par un
petit garçon quelques secondes avant que celui-ci n'arrive aux
urgences, avec un électro-cardiogramme plat. D'autres événements
mystérieux s'ensuivent et amènent Joe à penser que sa femme tente
de communiquer avec lui...
Enfin un film récent (américain de surplus !) qui traite de ce sujet
hautement passionnant et bien souvent ridiculisé par les ignorants ou
les matérialistes forcenés, sans effets clinquants, violents,
tapageurs ou grand-guignolesques. Si l'on excepte une très courte
scène légèrement plus fantastique, l'ensemble demeure d'une tenue
exemplaire et d'une sobriété bienvenue. C'est avec une délicatesse
constante et une émouvante simplicité que nous assistons à la
remise en question progressive des certitudes de Joe devant des
manifestations qui échappent à son analyse rationnelle. Depuis
plusieurs décennies, de nombreux auteurs comme Elisabeth Kübler
Ross, Marie de Hennezel, Raymond Moody, ont révélé et compilé
d'innombrables cas de perceptions rapportée par des personnes ayant
été déclaré mort cliniques avant d'être réanimés. Il est à
espérer que notre vision dramatiquement réductrice du monde dans
lequel nous évoluons, se transforme rapidement et accepte de voir ce
qui est, pour le moment, rejeté par la plupart d'entre nous.
Loin du spectaculaire de "Ghost",
par ailleurs jouissif et passionnant dans l'optique qu'il avait
choisie, "Apparitions" déroule avec une lenteur appropriée
l'évolution de ces manifestations "psychiques" qui vont
progressivement amener Joe à suivre son intuition profonde, plutôt
que son raisonnement et le consensus prosaïque qui l'environne et le
presse d'abandonner. Kevin Costner se montre idéal dans ce type de
personnification.
Et, cerise sur le gâteau non négligeable, le final, bien souvent
bâtard ou grotesque dans ce type de sujet, est ici, non seulement
tout à fait crédible, mais encore d'une intelligence et d'une
émotion remarquablement fusionnées.
Une belle réussite.