Cinq Maîtres du Tao, spécialisés chacun dans une discipline, se
lamentent : comment trouver des élèves valables dans un monde où la
jeunesse ne croit plus en rien ? Sang-hwan (Ryu Seung-Beom)
est un policier coréen rempli de bonne volonté, mais pas
vraiment futé. Tandis qu'un jour, il poursuit péniblement un voleur,
il est blessé par une jeune femme aux pouvoirs exceptionnels, Wi-jin
(Yoon So-Yi). Elle le ramène pour être soigné à son domicile, qui
n'est autre que le lieu où se réunissent les Maîtres. Voilà donc,
peut-être, la perle rare, car le jeune homme semble posséder un Ki
(énergie vitale) exceptionnel. Mais sa formation ne va pas se
révéler une partie de plaisir...
Version
moderne de "Karate Kid" ou du jouissif "Remo, sans arme
et dangereux", cette histoire abracadabrante marie avec assez de
bonheur comédie, aventure, lutte éternelle du bien contre le mal, et
philosophie taoïste (niveau cours élémentaire première année...).
L'élève est ici particulièrement peu gâté part la nature. Il faut
véritablement être un maître clairvoyant pour discerner en lui
l'être exceptionnel qu'il dissimule ! Binoclard, l'air abruti, les
cheveux semblables à une moumoute qui sortirait de l'essorage, il est
l'anti-héros par excellence. Mais, c'est bien connu, l'Adepte le plus
élevé se camoufle parfois sous une enveloppe indétectable par le
commun des mortels ! Heureusement, le scénariste ne s'est pas laissé
piéger par l'illusion, et nous sort, in-extremis, un puissant
manipulateur du Ki en la personne du policier minable sur lequel
personne, au départ, n'aurait misé un kopek ! Trève de
plaisanterie, cette énième variation sur les pouvoirs magiques, à
faire pâlir "Matrix" ou "Kill
Bill", est particulièrement divertissante, inventive,
bourrée de trouvailles (les lettres (coréennes, évidemment), qui
s'échappent de la bouche d'un maître), de chemins de traverse
(l'émission télé : "cherchez le maître" est hilarante),
qui viennent heureusement intercaler leur humour original au milieu
des éternels combats dans lesquels les corps voltigent en apesanteur,
et où les coups à décorner un rhinocéros font à peine perler une
goutte de sang sur les visages. La trame part un peu dans tous les
sens pendant la première moitié, mais retrouve sa consistance
lorsque Heuk-woon (Doo-hong Jung), archétype du Maître ayant
perverti ses pouvoirs, apparaît. Le final, violente confrontation à
épisodes multiples, est un peu longuet. Pourtant, il ne parvient pas
à gâcher un ensemble, certes primaire, mais très distrayant.
> Le film sur IMDB.com