Michael Faraday (Jeff
Bridges) enseigne l'histoire à l'université. Il est passionné par le
terrorisme et les différentes manières dont celui-ci est pratiqué. Sa
femme, Leah, membre du FBI, a été tuée quelques années plus tôt au
cours d'une mission ratée à laquelle avait participé un de ses
collègues, Whit Carver (Robert Gossett), survivant de l'expédition.
Michael entretient désormais une relation avec une de ses élèves,
Brooke Wolfe (Hope Davis), et élève son fils Grant (Spencer Treat
Clark). Un jour, Michael sauve la vie d'un jeune garçon, Brady (Mason
Gamble), grièvement blessé en jouant avec des feux d'artifices.
L'adolescent est le fils de Oliver (Tim Robbins) et Cheryl Lang (Joan
Cusack), des voisins récemment installés sur Arlington road...
Après
un bref pic dramatique en ouverture, l'histoire semble s'enfoncer dans
le train train tranquille d'une banlieue sans histoires. Durant la
première demi-heure, le spectateur se demande même où le scénario veut
en venir, tant celui-ci avance masqué, sans direction clairement
définie. Puis, petit à petit, la transparence illusoire gagne en
opacité, et c'est avec une maestria diabolique que le drame prend ses
véritables marques, révélant une manipulation stupéfiante et
profondément déstabilisante, tout en se précipitant vers un final aussi
bouleversant que sinistre. Si Jeff Bridges est toujours impeccable en
intellectuel torturé, oscillant sans cesse entre affabulation et quête
du fait réel, imbibé jusqu'à l'overdose de psychose sécuritaire, c'est Tim Robbins qui se révèle l'âme profonde de
l'oeuvre, tout en dissimulation et en onctuosité doucereuse. Certes,
leur face à face ne tient pas toutes les promesses qu'il était légitime
d'attendre, mais il est impossible, après avoir quitté la vision de ce
qui semble n'être qu'une intrigue imaginaire et préfabriquée, de ne pas
repenser à la tragédie postérieure du 11 septembre, et aux multiples
interrogations que le rapport officiel laisse étrangement dans l'ombre.
Il peut être judiecieux, à ce sujet, de (re)voir les différents films
qui ont été produits depuis ces événements, et qui, tous, mettent en
exergue les lacunes, voire les aberrations, de la théorie
gouvernementale. ("Confronting the evidence", "Loose change", "Zeitgeist"...).
Une oeuvre imparfaite, mais par certains aspects indispensable et terrifiante.
> Le film sur IMDB.com
Bernard
Sellier