Une pluie de météorites s'abat sur certains pays,
provoquant de dramatiques catastrophes. Mais il ne s'agit pourtant que
de cailloux de la taille d'un ballon de football ! Le plus grave reste
à venir. Un bloc de la taille du Texas est en route vers la terre,
qu'il heurtera dans dix-huit jours. La Nasa interroge ses
spécialistes. Un seul plan semble envisageable : poser un équipage
sur l'astéroïde, forer un puits de deux cents mètres, et y enfouir
des charges nucléaires. Encore faut-il trouver une équipe de foreurs
compétente ! Les meilleurs ! Sans problème... Harry S. Stamper
(Bruce Willis) fait ce métier depuis plusieurs décennies.
Présentement, il cherche du pétrole en pleine mer et se voit
confronté à un énorme problème : sa fille bien aimée, Grace (Liv
Tyler) est amoureuse de l'un des employés de son père, A.J. Frost
(Ben Affleck). Au moment où l'armée vient le chercher, il est
occupé à canarder son futur gendre à coups de 22 long rifle. Mais
tout s'arrangera, enfin... ça dépend pour qui...
Michael Bay est victime d'une injustice majeure qu'il convient de
réparer. Lorsque l'on fait mention de l'humour ou du comique au
cinéma, ce sont toujours les mêmes noms qui apparaissent : Woody
Allen, Louis de Funès, Jerry Lewis, Jacques Tati, Jim Carrey, Blake
Edwards, Gérard Oury, Frank Capra, Georges Lautner, les frères Coen,
Chris Columbus, Francis Veber, Patrice Leconte, Robert Moore, Jean
Passe et Desmeilleurs... Personne ne pense jamais, semble-t-il, à
mentionner le réalisateur de cet "Armageddon", qui mérite
amplement de figurer dans les annales du délire assumé ! L'évidence
crève les yeux : c'est, à se rouler par terre de jubilation,
hormis les quelques séquences qui, par opposition, versent, elles,
dans le larmoyant pur Kleenex !
Bruce Willis, jusque là cantonné aux rôles de sauveur modèle
réduit (un building dans "Piège de
cristal", un aéroport dans "58
minutes pour vivre"... franchement, il n'y a pas de quoi
fouetter un matou !), se voit confier ici le sort de la terre
dans son intégralité ! C'est quand même d'une autre dimension, non
? A part sauver le trône de Dieu lui-même, on voit mal ce qui
pourrait dépasser le niveau de cette mission spatiale ! Entouré, qui
plus est, d'une bande de branquignols parmi les plus improbables que
l'on puisse imaginer... C'est de la régalade pur jus. Le tout
assaisonné à la sauce Bay, c'est-à-dire dialogues à la
mitrailleuse, montage épileptique, giclées de gros humour qui tache,
bouffées de grandiloquence et autres joyeusetés... Pas une minute
pour souffler, sauf pour entendre Ben Affleck philosopher sur les
crackers alors qu'il ne reste à la planète que trois jours de vie...
Franchement, c'est tout de même plus excitant pour les zygomatiques
que "le Silence" d'Ingmar Bergman ! Sans compter que, durant
les deux heures de film, les neurones peuvent dormir en toute
tranquillité, ce qui les repose des analyses psychologiques de
"Gala" ou de "Voici". Tous les seconds rôles,
Michael Clarke Duncan et Steve Buscemi en tête, ont l'air de s'amuser
comme des petits fous. Quant aux énormités en tous genres, elles
sont aussi grosses que l'astéroïde. Les amateurs peuvent se régaler
en visitant le site "Erreurs
de films". Côté mélancolie et tristesse, on peut retenir
l'un des plans du début, où l'on voit l'une des Twin Towers
décapitée par un morceau de roche... Lorsqu'on dit que les
Américains sont de "grands enfants", c'est sans doute de
Michael Bay et de ses émules que l'on parle. Tout de même, quelle
poilade...