Robert Rath (Sylvester Stallone) est tueur à gages de profession.
Le meilleur. Il reçoit ses "contrats" sur Internet et ne
connaît pas son commanditaire. Sa mission présente consiste à
éliminer un milliardaire véreux, Alan Branch (Steven Kahan). Le
moment choisi est celui d'un enterrement au cimetière. Mais, alors
que Robert est prêt à passer à l'action, la victime est abattue par
un autre tireur, Miguel Bain (Antonio Banderas). Rath comprend qu'il
est en passe, non pas de prendre une retraite bien méritée, comme il
le souhaitait, mais de devenir à son tour une cible à éliminer...
Richard Donner n'est pas un néophyte en matière d'action. Entre le
merveilleux "Ladyhawke", ses
quatre "Arme Fatale", ses
"Superman" ou "Complots",
il a toujours su donner le jour à des aventures rythmées et
vivantes, à défaut d'être très profondes. Dans le cas présent,
l'humour potache du duo Martin Riggs-Roger Murtaugh est mis au
placard, mais le réalisateur conserve l'idée d'une opposition
radicale entre deux fortes personnalités. D'un côté Sylvester
Stallone, moue boudeuse de rigueur (l'homme est usé par 15 ans de
remords après avoir exécuté l'un de ses "collègues",
Nicolaï Tashlinkov (Anatoly Davydov)), qui se retrouve brutalement de
l'autre côté de la lunette de visée. En face de lui, un jeunot
bouclé, aussi extraverti, fantaisiste et logorrhéique que Rath est
taciturne. Une confrontation destinée à pimenter la sauce, d'autant
plus que s'interpose, entre eux, la mystérieuse Electra, charmante
voleuse de haut vol. Avec tout ce joli monde, on aurait pu s'attendre
à un cocktail particulièrement explosif. En fait, le résultat est
en demi-teinte. Le jeu mortel que le livrent les deux tueurs est
placé autant sur un plan psychologique que sur celui de l'action
pure, ce qui, en soi, est louable. Pourtant, malgré scènes
raisonnablement mouvementées, séquences méditatives, refus du
spectaculaire à tout prix, humanisation des protagonistes, le
spectateur demeure sur sa faim. Le scénario est tortueux, un tantinet
laborieux, et, à l'image de son héros, légèrement fatigué. Il se
termine, heureusement, par un dénouement étiré, mais subtilement
conduit, qui apporte un sursaut de vraisemblance à une histoire qui
sentait, à plusieurs reprises,
l'artificiel.