Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117 (Frederick Stafford)
est envoyé au Japon pour tenter de démanteler une organisation
criminelle qui fait chanter les Etats-Unis, réclamant un versement de
cent millions de dollars. L'une des bases américaines en Extrême
Orient a déjà sauté. Arrivé à Tokyo, l'agent secret fait
connaissance d'une employée du Chiffre, Eva Wilson (Marina Vlady),
qui a fourni, sous la contrainte, des renseignements à
l'organisation.
L'intrigue n'a pas davantage d'intérêt que dans la majorité des
films du genre. C'est du recyclé à 100%, même si, il y a quarante
ans, la trame paraissait peut-être moins usée qu'aujourd'hui. En
cette année 1966, quatre James Bond ont déjà vu le jour, dont le
mythique "Goldfinger". Il
était donc grand temps que la France installe sur les rangs son agent
au patronyme impayable. Même si Terence Young, réalisateur de
"James Bond contre Dr.No", "Bons baisers de
Russie" et "Opération
Tonnerre", a participé à l'adaptation du roman de Jean
Bruce, le résultat, certes distrayant, ne se révèle pas très
passionnant. Michel Boisrond a beau copier la "James Bond
touch" dans toutes ses tournures (machisme décontracté,
adversaires colosses, femmes fatales, courses poursuites,
enlèvements, humour, exotisme...), il manque à chacune de ces
composantes le petit quelque chose qui rend 007 inimitable et
inégalé, avec, en particulier, un méchant particulièrement falot.
Et surtout, Frederick Stafford, élégant et beau gosse, ne saurait
rivaliser avec le charisme sauvage de Sean Connery.
Pour le plaisir de se replonger dans le monde aventureux d'il y a un
demi-siècle, à l'époque ou les balles trouaient la peau sans qu'une
goutte de sang apparaisse, et où les combats ressemblaient à de
petits affrontements gentillets.