Walter
Garber (Denzel Washington), jusqu'alors directeur adjoint de la société
du métro new yorkais, vient depuis peu d'être suspendu de ses fonctions
pour suspicion de corruption. Il est donc réduit à une fonction
basique, avec le pensum de répondre au téléphone. C'est ce qui lui vaut
d'être contacté par un inconnu (John Travolta), qui vient de prendre en
otage un wagon de métro afin d'obtenir du maire (James
Gandolfini) une rançon de dix millions de dollars. Un négociateur de la
police, Camonetti (John Turturro), arrive bientôt, mais le truand
refuse obstinément d'avoir un interlocuteur autre que Garber...
Inutile d'attendre bien longtemps pour être persuadé que nous avons
affaire à du pur Tony Scott. Avec le temps, le réalisateur semble
s'enfoncer dans une surexcitation toujours plus intense, au point que "Spy game" ou "Ennemi d'état"
ressembleront bientôt à des récits sous somnifères, et que, à force de
monter ses oeuvres avec des plans toujours plus flous et toujours plus
courts, quasi subliminaux, l'oeil du spectateur ne percevra bientôt
plus rien ! Heureusement, au milieu de ces avalanches clipesques,
subsistent quelques zones un tantinet paisibles, au cours desquelles le
criminel Travolta, plus déjanté et improbable que jamais, engage des
conversations mystico-délirantes avec un Garber-Washington nettement
plus crédible. L'histoire en elle-même, remake (quelle mode stupide !)
du film "Les pirates du métro" de Joseph Sargent, n'a rien de très
palpitant, d'autant plus que le scénario semble beaucoup plus
s'intéresser aux particularismes outranciers qu'à une construction
dramatique solide et authentique.
Idéal pour une soirée agitée entre potes, mais à oublier très vite pour
qui recherche d'autres sensations que celles générées par bruit et
fureur artificiels.
> Le film sur IMDB.com