Yann (Pierre Palmade), Kathy (Giovanna Mezzogiorno) et Tara (Nathalie
Corré) ont vécu toute leur enfance sur l'île de Groix. Ils se sont
juré entraide pour toute la vie. Une vingtaine d'années plus tard,
ils habitent Paris, et leur vie n'est pas franchement une réussite.
Yann trouve un certain équilibre dans sa liaison avec Alfredo (Michel
Scotto di Carlo), mais Tara, flanquée d'un Thomas (François Morel)
aussi macho qu'abruti, prend de l'embonpoint, tandis que Kathy fuit
tant qu'elle peut la compagnie des hommes...
Pour sa première réalisation, Marie-Anne Chazel a jeté son dévolu
sur la crise de la trentaine. C'est là une certaine originalité,
car, le plus souvent, ce sont les crises de la quarantaine ou de la
cinquantaine qui font les choux gras des scénaristes. Trève de
plaisanterie, l'histoire ne sort en rien des sentiers bien connus et
beaucoup (re)battus. Si les acteurs sont dans le (bon) ton de cette
comédie vaguement dramatique (avec une mention spéciale pour la
beauté de Giovanna Mezzogiorno...), ils ne servent au spectateur
qu'une composition caricaturale, aux séquences très vite oubliables.
Une certaine agitation tient lieu de rythme, les dialogues sont à
l'emporte-pièce, la mélancolie et le drame pointent subrepticement
le bout de leur museau, mais sont vite noyés dans une gouaille
racoleuse, et les bons sentiments prennent une allure aussi simpliste
que poussiéreuse. Pour une fois, Marthe Villalonga ne plonge pas dans
l'extraversion des mères castratrices ("Nous
irons tous au Paradis") qui ont fait sa célébrité. En
revanche, Franck Dubosc, en comédien raté, ringard, émule de
Casanova, en fait beaucoup dans le m'as-tu-vu machiste. Un grand
nombre (trop) de personnages virevoltent autour du trio, la plupart ne
servant qu'à meubler la trame, fort superficielle et ajourée, il
faut le reconnaître. Quelques moments sympathiques viennent
heureusement, de ci, de là, revigorer un assemblage pâlichon.