Sixième James Bond "officiel".
James Bond (George Lazenby) sauve un jour la vie d'une charmante jeune
femme dépressive, Tracy di Vincenzo (Diana Rigg). Il apprend bientôt
qu'elle est la fille de Marc-Ange Draco (Gabriele Ferzetti), le PDG de
la Mafia corse. De retour à Londres, Bond reçoit de M. (Bernard
Lee), l'ordre de laisser tomber la mission qui lui avait été
confiée, à savoir mettre hors d'état de nuire Ernst Stavro Blofeld
(Telly Savalas), le criminel le plus recherché au monde. Mais,
n'écoutant que son patriotisme et son inspiration, il continue son
enquête, qui le mène à Berne. Il acquiert la certitude que Blofeld
cherche à obtenir du Collège d'Héraldique britannique, la
reconnaissance de son appartenance avec la famille aristocratique des
Bleuchamp. Bond se fait passer pour Sir Hilary Bray (George Baker),
directeur du Collège, et se rend dans une station suisse, où Blofeld
dirige un prétendu Institut d'étude sur les allergies...
Etrange mouture que ce 6ème opus. Original, en premier lieu,
puisqu'il est le seul dans lequel ait tourné George Lazenby. Celui-ci
se montre neutre, assez peu expressif, bien loin de la virilité
insolente de Sean Connery. Original, également, par l'histoire et le
parcours narratif. Si l'on excepte les quelques combats initiaux,
d'ailleurs sans grand intérêt, pour ne pas dire passablement
gratuits, et les exploits alpestres du dénouement (une grandiose
avalanche), la longue partie centrale se montre étonnamment calme,
parfois romantique, et un tantinet ennuyeuse. L'entrée dans le vif de
l'intrigue apparaît laborieuse, voire poussive. Est-ce l'effet d'un
manque d'oxygène dû à l'altitude, ou celui des cassettes
hypnotisantes composées par Blofeld pour ses charmantes patientes,
toujours est-il que le sujet, aussi bien que la personnalité pâlotte
du "méchant", semblent avoir subi un assoupissement
partiel. Original, enfin, puisque nous avons la surprise de voir James
Bond convoler en justes noces (et, accessoirement, se promener dans un
kilt fort seyant !). Pas de "Requin" ("L'espion
qui m'aimait"), pas de May Day ("Dangereusement
vôtre"), ni de Oddjob ("Goldfinger"),
pour pimenter un peu la sauce. Et pourtant, malgré cette paresse dans
le scénario, le film conserve un certain charme, peut-être parce
que, pour une fois, il n'en fait pas trop dans le spectaculaire et
qu'il se tourne un peu vers l'intimisme. Rien de très excitant, mais
du languissant. Ça change de temps en temps...