Jake
Sully (Sam Worthington) est un ancien Marine devenu paralysé des deux
jambes. Pourtant, il est envoyé, en 2154, vers la planète Pandora, en
compagnie de nombreux soldats. Leur mission est simple : contraindre,
soit par la persuasion, soit par la force, les indigènes du lieu, les
Omaticayas, à abandonner le territoire qu'ils occupent depuis des
siècles. Celui-ci est en effet très riche en unoptanium, un minerai
particulièrement recherché. Mais un gros problème se pose :
l'atmosphère est irrespirable pour un humain. Les scientifiques ont
alors eu l'idée de créer des "Avatars". Ce sont des hybrides, issus
d'un croisement entre humains et Omaticayas, qui ont la capacité
de vivre sur la planète, tout en étant "guidés" psychiquement par leurs
"correspondants" humains, placés en état de catalepsie profonde. Jake,
chargé d'infiltrer le peuple rebelle, fait la connaissance de l'une des
responsables du programme, le docteur Grace Augustine (Sigourney
Weaver), ainsi que de la fille du roi des Omaticayas, Neytiri (Zoe
Saldana), qui lui sauve la vie...
Certains trouveront sans doute opportun de
stigmatiser la démesure hollywoodienne à laquelle succombe chaque
oeuvre de James Cameron. Pourtant, force est de reconnaître que chacune
de ses créations, qui se comptent presque sur les doigts d'une main (
"Terminator", "Terminator 2",
"Abyss", "Titanic", "Ghosts of the abyss", et, à un degré
moindre, peut-être, le toujours jouissif "True
Lies"
), hisse la magie du cinéma à un niveau toujours plus captivant, voire
révolutionnaire. Lorsque l'on ressort de cet "Avatar", ( au milieu des
applaudissements de la salle, faut-il le préciser ! ), il est aisé de
comprendre pourquoi le film a occupé durant un bon nombre d'années
l'esprit du réalisateur, tout en alimentant les supputations les plus
débridées des fans en attente. Pourtant, c'est un fait indéniable, la
trame de base n'a rien de transcendant. Nous sommes assez loin de la
richesse symbolique de la trilogie du "Seigneur des anneaux",
par exemple. Si l'on recule de trois siècles dans le temps, nous
retrouvons le thème simpliste des bons vieux westerns, les Indiens
ayant simplement laissé la place aux Omaticayas de Pandora. Mais James
Cameron n'a pas son pareil pour transformer une intrigue primaire ( "Titanic" en était un exemple parfait ), en une fresque aissi poignante qu'inoubliable.
Par où commencer dans le cas présent ? Par la 3D, sans doute.
Apporte-t-elle un "plus" indéniable ? Bien que n'ayant visionné le film
que dans cette version, c'est-à-dire sans point de comparaison, il me
paraît évident que la réponse est "oui". Pourquoi ? Dans ses oeuvres
précédentes, même lorsqu'interviennent des Aliens, des "Terminators" ou
lorsque s'installent quelques délires spectaculaires façon "True Lies",
le monde fondamental dans lequel évoluent les personnages demeure
toujours connu, intégré dans notre base mentale de connaissances.
L'univers de la planète Pandora est lui profondément déstabilisant,
original, quasiment hors de nos repères, même si animaux et végétaux y
croissent avec exorbitance. C'est là que, justement, la 3D permet au
spectateur de s'immerger dans l'espace imaginaire, qui, grâce à elle,
acqiert une authenticité bluffante. Chaque nouvelle découverte de
Pandora est un pur émerveillement des yeux. Que ce soit les créatures
volantes, les montagnes suspendues, les plantes extravagantes, et, bien
sûr, ces indigènes bleutés, irradiant une noblesse inexprimable, tout
dans cette aventure prodigieuse se révèle une fête des sens, de l'âme,
et du coeur. Car, au milieu des affrontements classiques, des combats
épiques, et des bouillonnements émotionnels conformes à la tradition,
éclosent des instants magiques de poésie visuelle, de fascination
magnétique, qui, depuis "Abyss",
signent de
leur empreinte enchanteresse les messages cinématographico-écologiques
du réalisateur, capable de réinventer une communion entre l'homme et
les règnes "inférieurs" de la nature. Mais les mots sont impuissants à
exprimer le charme
envoûtant des images surnaturelles qui défilent durant 2h40 devant les
yeux du spectateur. Cela n'altère nullement un sens indéniable de
l'épique, qui jaillit ponctuellement avec rage, et permet au spectateur
de combler toutes les aspirations susceptibles d'éclore en lui.
Une oeuvre enthousiasmante, magistrale, enchanteresse, dont le
spectaculaire n'occulte jamais le message humaniste, et qui fera date
dans l'histoire du cinéma.
( Le commentaire concerne la version cinéma ).
Le film
sur IMDB
Bernard
Sellier