Jennifer Haines (Rebecca de Mornay) est une brillante avocate.
Elle est contactée un jour par un étrange personnage, David
Greenhill (Don Johnson) qui est accusé d'avoir défenestré sa
richissime femme pour hériter d'elle. Il parvient à obtenir que
Jennifer le défende et s'impose de plus en plus dans sa vie privée.
Il cherche même à faire croire à l'entourage de la jeune femme
qu'il est son amant. Le procès commence...
Evidemment, nous sommes bien loin du film de procès qui a fait la
gloire de Sydney Lumet en 1957 : "12
Hommes en colère". Il faut dire que 45 ans ont passé et que
les goûts du public ont passablement évolué ! Ce n'est donc
nullement ici une analyse approfondie des doutes, croyances,
certitudes, racismes, d'un jury populaire, mais un thriller efficace
sur fond de crime et de jugement. Efficace, non pas tellement pour
l'incarnation que livre Rebecca de Mornay de son personnage d'avocate.
On a connu plus crédible dans le genre. Ce qui est également vrai
pour les séquences de tribunal, plus que simplistes.
En revanche, le personnage de David, bien que caricatural dans ses
excès, ne manque pas de force. Cynique, manipulateur, jouisseur,
joueur, goujat, il cumule vraiment tout ce que la nature humaine peut
avoir fondamentalement de mauvais et de repoussant. Il est l'image
même du démon dissimulé sous un visage d'ange. Le scénario repose
entièrement sur le jeu pervers de la fascination et de la répulsion
qui se partagent le cœur de Jennifer. Ce n'est jamais d'une grande
finesse, mais à force de coups tordus, de machiavélisme, la
personnalité de David, tout en décontraction et en sous-entendus,
hormis quelques sursauts de violence basique, finit par rendre assez
envoûtante cette descente aux enfers programmée. Le titre français
ne laisse guère de doutes sur le véritable tempérament du suspect,
mais l'attention se détourne habilement de la vérité et d'un
suspense purement judiciaire, pour se concentrer sur les relations
psycho-pathologiques des deux protagonistes. Cette histoire aussi
abracadabrante qu'horrible repose toute entière sur une phrase
prononcée par David au début : "le plus embêtant quand on
commet des crimes parfaits, c'est qu'on ne peut en parler à
personne" ! C'est effectivement un dilemme lorsque l'on est
mégalomane...