Michael
Boll (James Spader) travaille dans une importante société de trading et
rêve d'être promu chef analyste. Mais il a un redoutable concurrent en
la personne de Paterson (), l'un de ses collègues. Il est sur le point
d'épouser L (), mais le mariage l'effraie. Il rencontre un jour dans un
bar Alex (Rob Lowe), un beau gosse qui manifestement n'a peur de rien
ni de personne. Il prend Michael sous son aile et lui prodigue maints
conseils dans tous les domaines...
Dans la première demi-heure du film, on a l'impression d'assister à une préquelle de "Harry un ami qui vous veut du bien".
Michael est un faible, un loser programmé, car ne sachant pas, ou
plutôt n'osant pas affirmer ses besoins ou afficher ses choix. Dans un
premier temps, Alex se révèle être la voix de l'être profond de
Michael, qui parvient à clamer ses envies et à les réaliser. Mais le
scénario ne conserve pas longtemps cette ligne psychologique, et très
rapidement le thriller basique reprend sa place. Alors que l'oeuvre de
Dominik Moll creusait jusqu'au malaise la relation des deux "amis"
ainsi que les déviances pathologiques de Harry, l'histoire se contente
ici de transformer le bel Alex en un prédateur primaire dont les
motivations profondes passent aux oubliettes. Tout comme dans "La main sur le berceau"
qui sortira deux ans plus tard, et développera avec plus d'ambiguïté
des thèmes identiques, "Bad influence" repose sur la personnalité d'un
être perturbé, qui intègre une cellule familiale et détruit
progressivement l'harmonie factice de celle-ci. Beau gosse au sourire
tour à tour charmeur ou carnassier, au regard inquiétant, Rob Lowe
retrouve ici un rôle manipulateur et mortifère proche de celui qu'il
tenait dans "Masquerade". Dommage que l'ensemble soit assez superficiel, et que le dénouement se contente de recycler du traditionnel.
> Le film
sur IMDB.com
Bernard
Sellier