L'armistice
vient d'être signée entre la France et l'Allemagne. Nous sommes en
1940. Le lieutenant Christian Diestl (Marlon Brando) arrive à Paris.
Mais il ne goûte guère le rôle de policier que ses supérieurs, en
particulier le Capitaine Hardenberg (Maximilian Schell), lui font
jouer. Pendant ce temps, les Etats-Unis préparent la mobilisation.
Certains tentent l'impossible pour ne pas être obligés de rejoindre
l'armée. C'est le cas de Michael Whiteacre (Dean Martin) qui est
beaucoup plus intéressé par le succès de sa comédie musicale de
Broadway que par une mort probable au front. Noah Ackermann (Montgomery
Clift), lui, ne possède pas les appuis bien placés de Michael, mais il
tombe amoureux fou de la charmante Hope Plowman (Hope Lange), dont le
père accepte fort difficilement de voir sa fille épouser un Juif...
En deux ans Edward Dmytrick livre deux oeuvres a priori fort
différentes, mais également passionnantes. Ce film de guerre et un
western mémorable ("L'homme
aux colts d'or"). Pourtant, si l'on approfondit quelque peu
la vision, nombre de similitudes thématiques apparaissent.
L'importance de l'autorité (le capitaine Hardenberg est un modèle
parfait pour l'expérience de Stanley
Milgram dont on trouve une illustration fascinante dans "I comme Icare"
d'Henri
Verneuil). Mais aussi les notions de courage, de lâcheté, et, surtout,
la quête du sens de l'existence. Christian n'est pas un homme mauvais,
mais un idéaliste, qui, à l'image de millions de ses
compatriotes, voit dans la montée du nazisme une ouverture
vers l'élévation de son statut social. Le film brasse un grand nombre
de domaines, s'étale sur un grand nombre d'années, survole plusieurs
continents, ce qui rend frorcément l'approche de chaque thème assez
superficielle. Inutile également d'y chercher un réalisme des combats
comme on le trouvera un demi siècle plus tard dans "Il faut sauver le
soldat Ryan" ou un spectaculaire à l'image de "Pearl Harbor".
Pourtant la plupart des séquences (l'attaque des Britanniques en
Afrique du nord, les combats désespérés de Noah contre ses
persécuteurs, le dénouement...), se révèlent fortes et inoubliables dans leur sécheresse brutale.
Cela d'autant plus que Marlon Brando et Montgomery Clift investissent
avec intensité leurs personnages. Et puis, difficile de se montrer
objectif devant ce film, l'un des premiers que j'aie vus étant enfant,
qui plus est en compagnie d'une petite Monique, d'origine juive,
terrorisée par les images...