1964. La paix règne sur la France et l'Europe. Mais, pas pour
longtemps. Benarshah (Robert Secq), trafiquant d'armes notoire,
échappe à la surveillance des services secrets français. Il est
retrouvé mort, quelques jours plus tard, dans un bordel parisien.
Francis Lagneau (Lino Ventura), est chargé par le colonel Lanoix
(Noël Roquevert) de ramener sa dépouille dans son château
d'Allemagne où l'attend sa tendre épouse, Amaranthe (Mireille Darc).
Là, arrivent également Boris Vassiliev (Francis Blanche), l'abbé
Eusebio Cafarelli (Bernard Blier), le docteur Hans Müller (Charles
Millot), tous brillants représentants des services secrets
étrangers...
Quel délice ! Un an après "Les
tontons flingueurs",
chef-d'oeuvre quasi absolu du genre parodique façon Audiard-Lautner,
le duo récidive avec ces inénarrables Barbouzes, qui s'épient à
qui mieux mieux, se mitonnent de petits pièges abracadabrants, et
flinguent à tour de pistolets. L'histoire est délirante, tout comme
les événements successifs, l'invasion intra-muros d'une colonie de
Chinois ou encore l'impassiblité totalement zen d'une Mireille Darc
délicieusement nunuche. Retrouver Lino Ventura (surnommé par ses
pairs : Petit marquis, Chérubin, Requiem, Bazooka...), Bernard Blier
("Le Chanoine" !) et Francis Blanche (Boris, le
"presque frère"), tous grandioses, sévissant avec
gourmandise dans cet amoncellement hétéroclite de gags, sur fond de
"Marseillaise" malaxée, est un plaisir sans égal. On peut
à la rigueur trouver la seconde moitié un peu longuette et
encombrée de castagnes répétitives ou superflues. Mais que
l'ensemble est donc jouissif, même quarante ans après sa conception
! La présentation en voix off des différents espions et leur
arrivée au château bavarois sont de grands moments Audiardesques...