Novembre
1939. La seconde guerre mondiale commence à peine. Mais, prévoyantes,
les autorités avaient envoyé, quelques mois avant la déclaration de
guerre, un cuirassé de poche, le Graf von Spee, dans les eaux
susceptibles d'être empruntées par les navires ravitaillant la Grande
Bretagne, afin de pouvoir les couler aisément. C'est ce que fait avec
grande efficacité le maître du navire, le capitaine Langsdorff (Peter
Finch). Sa dernière proie en date, un petit pétrolier, l'Africa Shell.
Son commandant, le capitaine Dove (Bernard Lee), se retrouve donc
prisonnier à bord du cuirassé, qui continue sa chasse. Mais l'amirauté
britannique a décidé de réagir. Trois navires, l'Exeter, l'Ajax et
l'Achille, sous la direction du Commodore Harwood (Anthony Quayle),
décident d'attendre le Graf Spee vers l'embouchure du Rio de la Plata,
estimant que c'est l'une de ses destinations probables...
Pour l'anecdote, un des films qui avaient marqué mon
enfance,
lorsque je l'avais vu au cinéma il y a... plus d'un demi-siècle !
Aujourd'hui, les références ont assurément changé. Manifestement, les
moyens avaient été donnés aux réalisateurs, puisque le spectateur a
droit à de magnifiques visions de cuirassés authentiques prêtés par la
marine américaine. Malheureusement les bâtiments ne sont pas destinés à
être admirés sous tous leurs angles, en navigation paisible, et le
moment des batailles survient inévitablement. C'est là que le bât
blesse un tantinet. Habitués que nous sommes à des reconstitutions
hautement réalistes, du style "Il faut sauver le soldat Ryan",
"Mémoires de nos Pères", ou encore "Pearl
Harbor",
il est bien difficile de se passionner pour ce combat naval
prétendûment titanesque, qui, à l'écran, se résume à quelques scènes
simplistes et surtout à beaucoup de bruit. D'autant plus que,
bizarrement, (mais c'est sans conteste la réalisté historique qui le
commande !), l'oeuvre est construite à l'envers, si l'on peut dire,
offrant dans sa première moitié les "morceaux de bravoure", pour
n'offrir, dans la seconde, que les tractations et atermoiements des
autorités politiques en ce qui concerne la situation du Graf Spee à
l'ancre dans le port de Montevideo pour réparations. Il est possible de
se demander si les réalisateurs des "Chaussons rouges" et de "Une question de vie ou de mort",
étaient les plus "adaptés" à la réalisation d'un film de guerre
semblable. Force est d'ailleurs de constater que la partie du film
consacrée à la vie de la ville, profondément perturbée par la présence
de ce cuirassé de guerre, est beaucoup plus vivante que celle qui voit
l'affrontement des navires. Un comble ! Mais la nostalgie fonctionne
toujours, même si quelques doublages ont vieilli...