Gotham
est livrée à la pègre, que dirige le puissant Carmine Falcone (Tom
Wilkinson). Thomas Wayne (Linus Roache), riche industriel qui tente
d'endiguer la misère générale, est assassiné un soir. Son épouse subit
le même sort. Leur fils, Bruce (Gus Lewis), survit. Une vingtaine
d'années plus tard, il est tiré de la prison extrême orientale dans
laquelle il croupissait, par un homme étrange, Henri Ducard. Celui-ci
semble être au service d'un Ordre mystérieux, la "Ligue des Ombres". Il
donne à Bruce une formation de ninja...
Nous retrouvons ici en germe toutes les qualités appréciées dans la suite : "The dark Knight".
"En germe" est d'ailleurs un terme impropre, car, hormis la qualité de
certains effets spéciaux qui est incontestablement supérieure dans le
film tourné trois ans plus tard, le scénario, le style, la richesse des
situations et des personnalités, n'ont rien à envier à ceux qui les
suivront. Christopher Nolan a totalement laissé de côté les
bouffonneries à la Joel Schumacher ("Batman et Robin"), pour donner
naissance à une oeuvre dramatique, intense, qui visite avec
intelligence les différentes facettes de la nature humaine. Le héros
cherche sa voie et sa vérité intérieure entre culpabilité, soif de
justice, appétit de vengeance, peurs multiples. Quant aux forces
noires, représentées ici sous une double face (d'abord le mal "basique"
sous les traits de Falcone, puis la force destructrice "nettoyante",
souterraine, sous les traits de Ras al Ghul), elles dépassent très
largement le cadre ordinaire, limité, affiché dans les adaptations de
BD traditionnelles, pour atteindre le stade d'une tendance cosmique
naturellement auto-exterminatrice, à la manière des énergies
plutoniennes.
A l'évidence, les deux oeuvres de Christopher Nolan
possèdent, outre bien sûr leur excellence narrative, le don de faire
aimer aux non BDphiles ce personnage mythique dont les attributs
symboliques ne sont pas, a priori, particulièrement captivants.
Film sur
IMDB