|
BELLE
ET SAUVAGE
|
|
Poème inspiré du
film : " La Courtisane ( Dangerous Beauty ) " de
Marshall Herzkovitz
Avertissement : il peut être préférable d'avoir vu le film avant de lire le poème...
|

|
Ma
mie, blanche colombe
aux épaules d'albâtre,
Tu
es mon ciel d'été, délicieux et brûlant,
La
beauté dénudée allongée devant l'âtre,
Caressant
sous ses doigts un collier de diamants.
|

|
Sauvage
bien-aimée, je donnerais ma vie,
Pour
te voir engrossée du fruit de ma passion.
Le
sort cruel, hélas, m'envoie son interdit.
Il
me faut endurer la fatale injonction.
|

|
Mélodies
du désir
Aux
harmonies célestes,
Sous
le Pont des Soupirs
Enluminez
nos gestes…
|

|
Mon
tendre et cher amant, qui cédez à la peur,
De
l'humiliant rejet d'une auguste famille,
Apprenez
que mon corps, nonobstant sa douleur,
Cherchera
d'autres hommes qui le déshabillent.
|

|
Ma
mère était, je crois, altière courtisane.
Elle
m'enseignera les utiles savoirs,
Qui
font de vous, messieurs, de bien dociles ânes,
Lorsque
vous accédez à nos discrets boudoirs.
|

|
Jamais
plus n'oublierez
Messieurs
les Cléricaux,
Ce
nom que vous crierez :
Veronica Franco !
|

|
Comprenez
donc, cruelle et délicieuse enfant,
Que
je me meurs d'amour tandis que vous trônez,
Sur
les cuisses velues de ces vieux bedonnants,
Qui
paient l'acte d'amour que vous me destiniez.
|

|
La
tristesse m'étouffe et le désir me ronge.
Nous
perdons les saisons qui nous étaient servies.
Mes
nuits sont envahies des plus étranges songes.
La
mort me serait douce à côté de la vie.
|

|
Vivantes
ritournelles,
Allégez
nos tourments.
Que
toujours les plus belles,
Nous
prennent pour galants.
|

|
Vous
voilà bien lyrique, et j'ai du mal à croire,
Que
la très sage épouse qui vous est donnée,
Ne
peut me remplacer, pour chacun de ces soirs,
Où
vous fermez les yeux, paisible, à ses côtés !
|

|
Ainsi
que vous l'aviez justement suggéré,
Je
m'amuse et je rime avec mes soupirants.
Cependant,
je l'avoue, je ne peux vous cacher,
Que
j'ai pleuré jadis en vous abandonnant.
|
|
13/04/2003
|