La famille Gates se consacre, depuis six
générations, à la recherche du trésor des Templiers. Sans succès, bien
sûr ! Le dernier né, Benjamin (Nicolas Cage), a reçu, enfant, quelques
informations de son grand-père. Devenu adulte, il entreprend la quête
en compagnie de son copain Riley Poole ( Justin Bartha ), et de
quelques compagnons, dont Ian Howe (Sean Bean ). La dernière piste le
conduit dans le cercle arctique, à la recherche d'un navire disparu,
"la Charlotte". Coup de chance, ils le découvrent ! Coup de malchance,
ils n'y trouvent qu'une pipe en écume de mer portant quelques
inscriptions, et Benjamin est laissé pour mort par Yann, qui désire
s'approprier seul le trésor ! Heureusement, le scénariste a eu la bonne
idée de sauver son héros, ouf ...
La création cinématographique possède certaines analogies avec la
création culinaire. Dans cette dernière, on trouve aussi bien les
génies (du genre Pierre Gagnaire, chef de l'hôtel Balzac à Paris, dont
l'inspiration spontanée concoctera les associations les plus imprévues,
les mélanges les plus surprenants), que les cuisiniers lambda, qui
suivront au milligramme près une recette codifiée, sans en changer un
iota. Jon Turteltaub se range manifestement, pour ce film tout au
moins, dans la seconde catégorie. Il connaît bien ses classiques et les
recettes que la trilogie (pour le moment) d'Indiana Jones a initiées.
Les ingrédients indispensables à une épopée passionnante ? Une intrigue
qui tient la route ; un héros intrépide, intelligent, charismatique,
voire humoriste pince sans rire à ses heures ; un méchant chargé
d'épaissir le fil à retordre donné au brave chevalier blanc ; une
compagne en danger permanent (ici, Diane Kruger, charmante), et une
kyrielle de mystères et d'énigmes à résoudre. Spielberg nous a offert
un concentré de tout ces éléments dans son jouissif "Indiana Jones & la
dernière croisade".
Après "l'Arche d'Alliance" ("Les aventuriers de l'arche perdue") et la
quête du Graal, que pouvait-il bien rester de valable ? Le trésor
mythique des Templiers, bien sûr ! Par chance, il a été transporté aux
Etats-Unis, afin d'être protégé des guerres européennes et des pillages
! Ma foi, pourquoi pas ? Peu importe, puisque l'authenticité historique
(que théoriquement personne ne connaît, d'ailleurs !), n'a strictement
rien à voir dans l'entreprise présente. Il faut tout de même un certain
culot pour donner le titre de "Trésor national"...
Donc, Jon Turteltaub n'a pas lésiné sur les péripéties ! Outre tous les
composants ci-dessus énumérés, il a ajouté, pour faire bonne mesure,
des suppléments gratuits : une déclaration d'amour envers la
Déclaration d'Indépendance des Etats- Unis ; un vol impossible
(syndrome "Ocean's eleven"),
que Benjamin effectue, avec son seul ami pour aide, en deux coups de
cuillère à pot. George Clooney pourrait prendre quelques leçons... Il
n'a même pas oublié la présence d'un père (Jon Voight), nettement moins
drôle que Sean Connery dans "Indiana Jones & la
dernière croisade". Mais quantité ne rime pas toujours avec qualité
ou plaisir. Certes, on ne s'ennuie pas dans cette aventure
rocambolesque, pour peu que l'on garde une âme d'enfant
émerveillé. Mais chaque composante se situe un cran au-dessous des
réussites précitées. Il y a du rythme, de l'agitation, du mystère,
pourtant manque un charme indéfinissable, une candeur qui fait oublier
la grosse machinerie des artifices. Certains effets spéciaux sentent un
peu le réchauffé.
Le choix de Nicolas Cage surprend de prime abord. Il n'a pas vraiment
le look d'un héros de ce type. A la sortie, l'idée n'était pas si
mauvaise que cela, permettant d'abandonner, pour une fois, le syndrome
: beau gosse, jeune, macho, gros biceps.
Le type même de la fabrication standard made in USA : une distraction
efficace, rythmée, sans aucune surprise ni subtilité.