Au XIVème siècle, les Mongols dominent la
Chine. Yu Jinha (Hyeon-jun Shin) tombe amoureux de Sullie (Hee-seon
Kim). Mais celle-ci est la fille d'un Général Mongol et Yu apprend
qu'il est le dernier survivant de la maison Yu, décimée par les
envahisseurs. Laissé pour mort, il ne peut, malgré ses pouvoirs,
empêcher le mariage de sa bien-aimée avec Namgung...
La logique orientale est-elle fondamentalement différente de la nôtre
ou bien le scénariste a-t-il fumé une herbe hallucinogène pendant sa
composition, toujours est-il que l'on ne comprend pas grand-chose à
cette histoire. A cette multitude d'histoires, devrait-on dire. Entre
les apparitions abruptes de personnages inconnus, les successions sans
transition d'époques éloignées, des scènes de batailles dans lesquelles
les corps virevoltent en trois dimensions, le spectateur a de quoi être
complètement largué. Sans doute les amateurs de guerriers volants, de
pouvoirs aussi mystérieux que puissants, de morts qui ne le sont pas,
de croisements sabresques ultra-répétitifs, trouveront-ils leur compte
dans cette suite d'affrontements homériques et de rivalités aussi
nombreuses que nébuleuses. Les autres devront se contenter de séquences
poétiques fugitives, d'une musique étrange et belle, synthèse réussie
de mélodies occidentales et d'accents orientaux, ainsi que d'un sens du
spectacle, de l'esthétique, de la solennité qui sont indéniables.
Caméras filmant sous des angles insolites, effets spéciaux
magnifiquement intégrés, contre-plongées, juxtapositions de plans
simulant des mangas, avec tableaux dignes d'un peintre impressioniste,
toute une panoplie technique est utilisée pour rendre vivante et
originale cette aventure épique. Mais, au finale, pour le spectateur
étranger à ce monde quasiment extra-terrestre qui s'éventre à tout va,
c'est un monumental ennui qui s'installe...