Jeffrey Lebowski, dit "Le
Duc" (Jeff
Bridges) est le champion du monde de la fainéantise. Du matin au soir,
il se traîne en caleçon long, robe de chambre, et son occupation
principale est de jouer au bowling avec ses potes, Walter Sobchak (John
Goodman) et Theodore
Donald 'Donny' Kerabatsos (Steve Buscemi). Un jour, deux inconnus
entrent chez lui par effraction, le menacent s'il ne paie pas les
dettes de sa femmes, et pissent sur son tapis avant de partir. N'ayant
jamais été marié, il se rend compte qu'une méprise a eu lieu et que le
Jeffrey Lebowski visé est en réalité un vieillard richissime,
handicapé, qui a pour femme une nymphomane d'une vingtaine d'années,
Bunny (Tara Reid). "Le Duc" se rend chez son homonyme, bien décidé à se
faire rembourser son tapis...
Fidèles
à leur goût pour les histoires improbables et les personnages décalés,
Joel et Ethan Coen nous gratifient ici d'une intrigue particulièrement
rudimentaire et d'une galerie de trognes à la débilité joyeusement
assumée. Entre "Le Duc", en caleçon à carreaux et peignoir, plus
ringard que nature, un Walter, ex du Viet-Nam, complètement abruti, un
Donny qui ne pense qu'à bouffer, les "Jésus", Knox Harrington et autres
intervenants tous plus chtarbés les uns que les autres, on ne sait
vraiment pas quand les zygomatiques auront l'opportunité de se calmer !
D'autant plus que les dialogues sont à l'unisson du délire ambiant,
offrant quelques affrontements verbaux d'anthologie. L'intrigue est
sans aucune importance, seuls comptent les relations aussi jouissives
qu'abracadabrantes entre ces individualités pour le moins pittoresques.
Même si le rythme traîne parfois un peu, étant donné la logorrhée de
certaines grandes gueules, le résultat se montre tout à fait
jubilatoire. Joel et Ethan Coen n'ont pas leur pareil pour créer un
univers déjanté peuplé de figures en parfaite adéquation avec le milieu
ambiant. La recette est peut-être un peu facile, mais la réussite est
indéniable !