Il y a un fossé
entre ce spectacle relativement ancien et le consternant "Bigard
bourre Bercy". A côté du vide qu'il entretenait durant
deux heures dans l'immense salle, nous tenons ici une solide
succession de véritables sketches, certes écrits dans le style très
primaire du comique (il faut faire simple, pour être accessible aux
cons...), mais néanmoins construits et, pour certains (la théorie de
Leibniz et de "l'effet papillon" synthétisée en dix
minutes, ou encore "Les Misérables" de Victor Hugo
décortiqués), assez désopilants. La manière de s'adresser au
public à la deuxième personne du singulier crée un contact direct
remarquablement efficace. Bigard ne travaille pas dans la manipulation
des mots, dans la subtilité des sens, l'ensemble n'est pas d'une
finesse exemplaire, ce qui n'empêche pas de prendre un plaisir
certain à cette vision du monde et des humains au ras des
pâquerettes.