1999.
La Sierra Leone, un des pays les plus riches du monde en diamants, est
à feu et à sang. Le RUF (Front révolutionnaire uni), sème la
terreur, attaquant les villages, massacrant les habitants et kidnappant
les hommes en bon état physique. C'est ce qui arrive à Solomon Vandy
(Djimon Hounsou), arraché à sa famille et contraint de travailler dans
une mine. Il découvre un jour un énorme diamant, qu'il parvient à
enterrer, profitant d'une attaque des forces gouvernementales. En
prison, il se retrouve aux côtés de Danny Archer (Leonardo di Caprio),
ex-mercenaire, et, présentement, trafiquant sans scrupules de pierres
précieuses. Danny entend parler de cette découverte exceptionnelle, et
n'a plus qu'une idée : faire libérer Solomon afin de récupérer le
diamant...
Grâce
à nombre de films récents, tels "Thank
you for smoking", "Révélations",
ou encore "Lord of War", le cinéma
prouve qu'il est tout à fait possible de générer des oeuvres gorgées
d'émotion, d'action, et de passion, tout en dénonçant sans ambages
les dérives criminelles de multinationales obsédées par le profit à
n'importe quel prix, aussi bien, (dans la tragédie qui a ensanglanté
la Sierra Leone), que l'inconscience des personnalités qui ravagent
leur propre nation. Le style diffère en revanche profondément suivant
les auteurs et les sujets. Dans le cas présent, Edward Zwick mélange,
de manière plus que convaincante, l'aventure exotique telle qu'on
pouvait la voir sur les écrans dans les années cinquante, le
documentaire sincèrement révolté sur le trafic de diamants et le
lavage de cerveau d'enfants transformés en zombies criminels, ainsi que
le drame intérieur que vivent les familles déchirées par la guerre.
Certes, quelques hiatus parsèment l'ensemble : les dialogues de
certaines confrontations entre personnages semblent banals, voire
simplistes ; quelques séquences tirent inutilement en longueur ; le
dénouement est un tantinet schématique... Mais ces quelques réserves
n'entament que fort modérément la puissance viscérale qui se dégage
de l'ensemble, partagée entre les spectaculaires scènes de violence et
quelques moments dramatiques intimistes, dans lesquels Djimon Hounsou se
révèle poignant. Quant à Leonardo di Caprio, il s'investit dans ce
rôle ambigu d'un aventurier aussi troublant qu'inquiétant avec
une conviction et une force qu'on ne lui connaissait pas. Lorsque la
dénonciation des crimes se fond de cette manière avec le savoir-faire
hollywoodien en matière de spectaculaire, il est impossible de ne pas
applaudir.