Megan Turner (Jamie Lee Curtis) entre dans la
police de New York. Sa mère, Shirley (Louise Fletcher) est fière
d'elle, mais son père, Frank (Philip Bosco), violent et agressif, se
montre furieux. Lors de sa première journée de patrouille, elle est
témoin d'un braquage dans un petit supermarché. L'agresseur est
hystérique et menace plusieurs personnes d'un révolver. Megan lui
ordonne de se rendre, mais il braque son arme dans sa direction. Elle
fait feu à plusieurs reprises et le tue. Par malheur, le révolver n'est
pas retrouvé, pour la simple raison que l'un des clients, Eugene Hunt
(Ron Silver), l'a discrètement subtilisée. Mise à pied provisoirement,
Megan se voit invitée par Hunt, avec qui elle vient de partager un
taxi. Elle ignore qu'il a tué quelques heures plus tôt, de sang froid,
un passant avec l'arme volée...
Ce film se situe dans la veine de "Les
nerfs à vif", "L'inspecteur Harry" et autres "Ricochet" pour ce qui est du
fondement de l'histoire : à savoir le tueur déjanté qui montre une
obsession pathologique, une puissance manipulatoire sans limite et une
increvabilité à toute épreuve. Kathryn Bigelow introduit déjà dans son
personnage "sombre" une mystique maladive, voire morbide, qui se
retrouvera, plus équilibrée et inspirée, dans le personnage de Bodhi ("Point break"), l'année
suivante. Ici, nous avons affaire à une caricature d'obsédé, brute de
décoffrage, mais néanmoins efficacement incarnée par un Ron Silver
inquiétant. Jamie Lee Curtis est également convaincante dans ce rôle de
fliquesse novice dépassée par les événements, mais c'est la narration
qui pêche un peu par son aspect rudimentaire et artificiel. La
fabrication sent le stéréotypé, la longue première partie se montre un
peu lâche et longuette, dépourvue de noeuds dramatiques originaux ou
profonds, et, lorsque le drame s'emballe, le spectacle tombe dans le
suspense efficace, mais convenu, du tueur "super-glue". Il y a de quoi
frémir, certes. Pourtant l'ensemble donne une impression
d'impersonnalité que ne procureront pas les réalisations suivantes : "Point break" et surtout "Strange days".
Un galop d'essai tout à fait regardable, mais conventionnel.