Borat Sagdiyev (Sacha
Baron Cohen), journaliste de la "glorieuse" nation
Kazakhstanaise, décide de se rendre dans le pays du monde le plus
"civilisé", afin de rapporter à son bien-aimé peuple des
"leçons" de culture. Bien évidemment, la dite nation a pour
nom : Etats-Unis d'Amérique. Dans cette délicate mission, un de ses
amis, Azamat Bagatov (Ken Davitian), l'accompagne. A peine arrivé
à New York, Borat découvre l'idéal féminin en la personne de Pamela
Anderson, l'héroïne pulpeuse de "Alerte à Malibu". Il
convainc son compagnon de gagner la Californie...
Hénaurme "ofni" (objet filmique non identifié), ce Borat ne
manque pas de secouer avec énergie notre ronronnement de spectateurs
pantouflards. Vrai-faux documentaire, il roule énergiquement dans la
farine celui qui le visionne. Avec délectation, irrévérence,
salacité, il n'hésite pas à mettre le doigt, ou plutôt le corps
entier, là où ça peut faire le plus mal (les Juifs, les homosexuels,
les fanatiques religieux...), à secouer les tripes et les consciences,
tout cela sans que l'on parvienne à discerner la frontière entre
le montage préfabriqué et l'irruption réelle dans le monde abruti qui
nous environne. Hymne délirant à la connerie humaine, il
renvoie dos à dos certaines couches de l'Amérique et les ignares du
Tiers-Monde, ce qui ne manque pas, d'ailleurs, d'implanter certaines
limites à l'enthousiasme coupable que l'on peut éprouver en de
multiples circonstances. Reconnaissons-le, tout n'est pas hautement
excitant dans ce foutoir assassin, de même que, c'est un euphémisme,
le bon goût ne règne pas en maître dans cette suite de séquences
plus ou moins déjantées et grasses. Mais l'entreprise a l'immense
mérite d'oser regarder en face les conséquences de l'ignorance crasse
humaine, qui est une des causes, sinon la première, de la somme de
malheurs qui accable l'humanité. Plongé au milieu du racisme primaire,
du machisme néanderthalien, du fanatisme aveugle, on ne sait plus trop
à quelle bouée s'accrocher pour échapper à cette déferlante
d'imbécillité cosmique. Et, bienheureux de sa cure d'intoxication
américaine menée au son d'une guillerette musique russe, Borat nous
ramène, haletants, au coeur de son village. Témoins harassés de la
visite d'une sous-culture effrayante de vérité...