Moltes
(Gérard Lanvin) se retrouve entôle après avaoir fait passer de vie à
trépas le frère du "Turc" (José Garcia). Au bout de quelques années, il
est sur le point d'être libéré, lorsqu'il apprend que le billet de loto
qu'il fait valider chaque semaine par Francis Reggio (Benoît
Poelvoorde), son gardien, est gagnant. Coïncidence troublante, Francis
est en arrêt maladie. Croyant avoir été dupé, Moltes s'échappe et
apprend de son maton qu'en fait, le billet est en possession de son
épouse, Pauline (Rossy de Palma), qui est partie sur un coup de tête
suivre un rallye en Afrique...
S'il y a dans les vins du "gros rouge qui tache", il y en a également
dans les films. Ici, nous n'avons même pas droit à l'humour gentillet
du premier "Taxi". C'est du brut de chez
brutes, avec grosse cavalerie, gros plans à foison, grosses castagnes,
et trognes à l'avenant. Entre un José Garcia déjanté, cheveux longs et
barbe, qui se fait appeler "le Kurde" par tous ceux qu'il rencontre, et
effectue des pompes sans les mains, un Gérard Lanvin qui a dû sortir du
tournage avec des crampes dans les mâchoires, tant il les serre du
commencement à la fin de cette équipée folle, on rencontre aussi
quelques relents de certains Bond, avec un "Requin" (Gary Tiplady) qui
ferait passer Richard Kiel pour un premier prix de beauté, ainsi qu'une
flopée de séquences pastiches, qui vont de "Il était une fois dans l'ouest" à "Tango & Cash",
en passant par les films de sabre ou de karaté. Autant dire qu'Alain
Berbérian a ratissé large, en ramenant un peu n'importe quoi. Surtout
du simpliste et du saignant. Cela dit, même si l'ensemble est assez
affligeant, il y a tout de même Benoît Poelvoorde, qui mérite que l'on
fasse un détour par sa composition jouissante. Abruti au point d'être
mis en orbite sans problème par la citation d'Audiard, lâche, sadique,
il finit par inspirer une sympathie certaine, tant par son talent
d'acteur que par l'évolution de son personnage. Au milieu de tout ce
méli-mélo bas de gamme, reconnaissons-le, surnagent quelques moments
qui laissent augurer de ce qu'aurait pu donner un traitement moins
primaire. Et surtout, ne pas manquer le générique final, qui vaut son
pesant de cacahuètes...