Arthur
Lewis (James Marsden) et sa femme Norma (Cameron Diaz) forment un
couple sans histoire. Un matin, un événement extraordinaire arrive :
une mystérieuse boite est déposée devant leur porte par un inconnu.
Dans la journée, deux mauvaises nouvelles surviennent. Norma apprend
que l'exonération des droits d'études de son fils est suspendue, tandis
que Arthur se voit exclu de la mission martienne à laquelle il désirait
plus que tout participer. C'est alors que l'inconnu, Arlington Steward
(Frank Langella), réapparaît, et fournit à Norma quelques explications
sur l'utilisation de la boite...
J'avais apprécié très moyennement "Donnie Darko",
le premier film qui a lancé la carrière de Richard Kelly sur une orbite
fulgurante. La présente oeuvre est fondée sur un postulat identique, à
savoir l'irruption d'un élément exceptionnel, voire surnaturel, dans la
vie très ordinaire d'un couple banal. Tout commence d'ailleurs dans une
simplicité extrême, et les discussions des deux conjoints sur
l'oreiller pour savoir quelle décision adopter rappellent celles du
couple Moore-Harrelson dans "Proposition indécente".
Mais le virus du mystère, qui a manifestement infesté Richard Kelly en
profondeur, ne tarde pas à refaire surface. Et très vite, il devient
évident que plus rien ne l'est... évident. Il y a une histoire de
mission spatiale, des personnages zombifiés, des regards inquiétants,
des coups de foudre qui brûlent au sixième degré, des hangars
gigantesques dans lesquels se déroulent d'étranges expériences... Bref,
un fatras ésotérico-scientifique qui semble partir dans des directions
brumeuses auxquelle le spectateur n'a pas vraiment accès. Mais, contre
toute attente, le dénouement dégraisse ces baudruches nébuleuses pour
livrer une clé tout à fait passionnante, qui n'avait en fait nul besoin
de tout ce chaos narratif pour développer son intérêt humaniste. Au
final, ce sont les quelques minutes finales qui entrent dans la mémoire
émotionnelle, bien plus que tous les exubérances qui habillent de
manière voyante cette parabole édifiante sur le désespérant égoïsme
humain.