Terry
Leather (Jason Statham), marié avec Wendy (Keeley Hawes), et père
de deux charmantes petites filles, a des problèmes d'argent. Il est
périodiquement menacé par les sbires de son créancier, Jason. Un jour,
Martine Love (Saffron Burrows), une ancienne amie du temps de ses
combines plus ou moins louches, lui propose un gros coup susceptible de
lui assurer une petite fortune pour le restant de ses jours. Il s'agit
simplement de dévaliser les coffres d'une banque londonienne. Terry
accepte et monte le coup avec quelques uns de ses mais, Dave Shilling
(Daniel Mays), ancien acteur de X, et Kevin Swain (Stephen Campbell
Moore). Méfiant, Terry s'aperçoit que Martine semble cacher quelque
secret. Elle a en effet oublié de lui dire que le but du vol est
uniquement la récupération de photos compromettantes de la Princesse
Margaret, détenues par Michael X (Peter De Jersey), militant du Black
Power et, accessoirement, trafiquant de drogue...
Une énième version d'un hold-up à haut risque. Mais, contrairement à nombre de ses confrères ("Braquage à l'italienne"...),
le scénario n'attache qu'une importance minime à l'exécution du casse.
Pas de technologies sophistiquées, pas de préparations alambiquées,
mais cette absence ne porte aucun préjudice à l'intérêt de l'histoire.
Car le réalisateur du passionnant et haletant "Sens unique"
fonde son récit sur une histoire vraie tellement riche, extravagante,
tordue, intégralement exaltante, qu'il n'a nul besoin de forcer le
trait pour délivrer une oeuvre qui convoque tour à tour la fantaisie,
l'énorme, l'émotion et le drame. Tout cela sur un rythme qui ne faiblit
quasiment jamais. Un groupe de sympathiques pieds-nickelés, à la tête
duquel trône un Jason Statham charismatique, se retrouve empêtré dans
les fils d'une toile d'araignée où se rencontrent membres du Black
Power, producteurs de films X, petits gangsters minables, flics ripoux,
flics incorruptibles, aristocrates adeptes du masochisme et services
secrets travaillant pour leur compte. Autant dire que l'imbroglio qui
se construit est majuscule et, heureusement, le soufflé qui gonfle de
minute en minute conserve jusqu'au dénouement sa puissance excitatrice.
Quelques touches sentimentales parviennent même à se glisser au milieu
de ces grappes de suspense, sans qu'elles fassent tache ou altèrent la
vivacité du récit.
Rien de transcendant, mais une bonne dose d'effervescence,
une construction soigneusement orchestrée, et, au final, un résultat
particulièrement goûteux !